La question du jour :

Faut-il interdire la publicité pour les produits les plus polluants ?




Faut-il interdire la publicité pour les produits les plus polluants ?
Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, le 29 septembre à l'Assemblée.

, publié le mercredi 07 octobre 2020 à 07h00

C'est une des propositions de la Convention citoyenne pour le climat : interdire, à partir de 2023, la publicité pour les produits qui émettent le plus de gaz à effet de serre (GES). Dans le collimateur, la pub pour les voitures.

Une idée qui fait débat au sein du gouvernement. Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire prône une information plus claire du consommateur, tandis que son homologue à l'Ecologie Barbara Pompili se déclare favorable à un "encadrement" de la pub. 

"Vous avez le choix entre interdire et informer", a déclaré le ministre mardi 6 octobre sur France Info. "Comme je crois à l'intelligence des Français, je pense qu'il faut informer le consommateur", a-t-il ajouté.



La Convention citoyenne sur le climat a fait des propositions pour encadrer la publicité sur les produits polluants et mauvais pour la santé. Les 150 citoyens  souhaitent "interdire de manière efficace et opérante la publicité des produits les plus émetteurs de GES, sur tous les supports publicitaires". Dans leur viseur, "les véhicules consommant plus de 4 l/100 km et/ou émettant plus de 95 g de CO2 au km." 

"Informer très clairement les Français" 

Par ailleurs, un rapport de l'ONG WWF publié mardi dénonce "l'impact écrasant des SUV sur le climat" et juge leur croissance rapide dans le parc automobile français "incompatible" avec le respect des engagements français de réduction des émissions de GES. 

"Je suis convaincu que si on informe très clairement les Français sur les dommages  que causent à l'environnement certains véhicules très polluants, ils changeront leurs habitudes de consommation", estime Bruno Le Maire. "Il y a une voie à laquelle je suis totalement opposé, c'est la voie de l'interdiction systématique", affirme le ministre, partisan "d'un message beaucoup plus clair sur les émissions de CO2".

"On demandera aux entreprises (d'être) plus transparentes" 

"Des informations plus claires peuvent être extrêmement utiles pour garantir qu'on lutte plus rapidement contre le réchauffement climatique", selon lui. "L'information plutôt que la contrainte, le pari de l'intelligence plutôt que le pari de l'obligation, voilà ma conception de l'écologie", résume Bruno Le Maire. 

"Dans les discussions que nous avons avec les parlementaires, il y a ce qu'on demandera aux entreprises, qu'elles soient plus transparentes sur les émissions de CO2", précise-t-il. 

La mode visée aussi 

Les participants de la Convention citoyenne pour le climat veulent aussi "réduire les incitations publicitaires à la surconsommation". Ils citent l'exemple de la "fast fashion" (HM, Zara, topshop, Primark, Uniqlo...) - l'industrie de la mode étant l'une des plus polluantes. 

La ministre de la Transition écologique Barbara Pompili, pour sa part, se déclare "favorable à un encadrement" de la publicité. Elle souligne que la publicité "incite à consommer un certain nombre de produits", alors qu'il y a des produits "dangereux pour l'environnement".

Vos réactions doivent respecter nos CGU.