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Covid-19 : faut-il interdire les fêtes de famille ?




Covid-19 : faut-il interdire les fêtes de famille ?
Une boutique de robe de mariées durant le confinement, à Paris.

, publié le lundi 14 septembre 2020 à 07h00

Alors que l'épidémie repart en France, avec des chiffres en hausse continue, des voix politiques s'élèvent pour demander un contrôle plus étroit des réunions dans le cercle privé.

Alors que l'épidémie de Covid-19 s'intensifie dans certaines zones, comme Marseille, Bordeaux et la Guadeloupe, contraintes de prendre des mesures plus restrictives, des médecins, dont le généticien Axel Kahn, appellent à "siffler la fin de la récréation". Ils demandent aux Français d'"éviter autant que possible les rassemblements privés".

"Nous sommes à une nouvelle étape de l'épidémie : celle de sa diffusion (...). Il reste probablement peu de temps pour agir collectivement", avertissent les six médecins dans une tribune au Journal du dimanche (JDD). 




"Plus une pièce est petite, plus elle contient de monde, moins elle est aérée, et plus vous augmentez les risques. Réduisez le nombre de personnes présentes dans le cadre privé. Si possible, reportez toute réunion. Sinon, portez un masque, comme au travail. Sans oublier la distanciation", poursuivent-ils.

Porter le masque, comme au travail 

"Les Français respectent plutôt bien les mesures dans la sphère publique et la sphère professionnelle. Mais il reste cette troisième sphère, qui peut être un point d'échappée pour le coronavirus", explique à l'AFP l'un des signataires, Philippe Amouyel, professeur de santé publique au CHU de Lille. "Il y a beaucoup de gens qui portent leur masque 10 heures par jour, mais s'ils passent ensuite une heure agglutinés dans un bar, ils vont perdre tout le gain de leur journée", a regretté Martin Hirsch, le directeur général de l'AP-HP (Assistance publique - Hôpitaux de Paris), lundi sur BFMTV.




Selon l'agence sanitaire Santé publique France, le "milieu familial élargi" et les "événements publics/privés rassemblant de manière temporaire des personnes" sont à l'origine d'un quart (26%) des quelque 1.600 foyers de contamination (ou "clusters") repérés depuis la fin du confinement en mai. C'est presque autant que les entreprises, qui occupent la première place (29%).

Risque élevé pour les personnes vulnérables 

"Rassemblements privés et autres fêtes familiales sont des événements à haut risque non seulement de transmission mais aussi de passage du virus à des personnes à risque, car ce sont le plus souvent des événements intergénérationnels", estime l'épidémiologiste Antoine Flahault, interrogé par l'AFP.

"Il est difficile d'assurer les gestes barrières lors de ces événements, en particulier la distance physique ou le port du masque. Et s'ils se déroulent en lieux clos, ils représentent alors un très haut risque pour les personnes âgées et celles ayant des comorbidités" (d'autres maladies ou facteurs de risques), poursuit le Pr Flahault, directeur de l'Institut de santé globale à l'université de Genève. 

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