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Maltraitances animales : les vidéos clandestines sont-elles le seul moyen de les dénoncer ?




Maltraitances animales : les vidéos clandestines sont-elles le seul moyen de les dénoncer ?
Des militants de L214 manifestent contre à Bordeaux devant un supermarché Lidl, le 21 juillet 2020

, publié le dimanche 23 août 2020 à 07h00

Les contrôles de l'Etat sont-ils suffisants ? La fermeture d'un élevage de canards dans les Pyrénées-Atlantiques après la diffusion d'une vidéo choquante de l'association L214 interroge sur les méthodes de contrôle des autorités. 



Les images ont fait scandale, et entraîné finalement la fermeture de l'abattoir. L'association de défense des animaux L214 a obtenu gain de cause, après la diffusion jeudi 21 août d'une vidéo dénonçant les conditions d'un élevage de canards de Lichos, dans les Pyrénées-Atlantiques : des contrôles y ont été menés par les services de l'Etat et l'ensemble des exploitations de l'éleveur ont été fermées vendredi 22 août au soir.  

Une diffusion choquante, qui interroge une nouvelle fois sur l'efficacité des contrôles menés par l'Etat dans les élevages français.

L'association L214, à l'origine de plusieurs vidéos clandestines dénonçant des conditions d'élevages hors-la-loi, a pointé dès vendredi soir l'inaction du gouvernement. "Ce n'est pas normal que ces atrocités n'aient pas été détectées plus tôt, alors qu'une inspection avait été menée en septembre 2019", a dénoncé au micro de France Bleu Sébastien Arsac, co-fondateur de l'association. 

L'activiste fait référence à une visite, menée lors d'un épisode d'influenza aviaire, qui n'avait rien révélé selon la préfecture. Or, selon L214, leur lanceur d'alerte leur avait fait part de maltraitances dès janvier 2019. "Il nous avait décrit une situation similaire à ce qu'on a filmé il y a quelques jours, avec des cadavres de canards pas ramassés, des asticots, des rats, du lisier sur le sol..." 

Pour L214, il est désormais urgent de mener des contrôles dans l'ensemble des élevages reproducteurs de France. "Quand le ministre affirme que le cas de Lichos n'est pas représentatif de l'élevage français, on n'en sait rien !" tacle Sébastien Arsac. "Même si on imagine bien qu'ils ne sont pas tous dans cet état". 

Alors que l'association dénombre une vingtaine d'élevages de ce type sur le territoire, de tels contrôles ne sont pas "impossibles à effectuer".

En France en 2019, l'Etat a mené plus de 13 000 contrôles dans des élevages, la plupart prévus en avance. Depuis un an, une expérimentation est en cours pour les établissement volontaires, qui peuvent installer une caméra de surveillance dans leurs locaux, afin de suivre directement les conditions d'élevages. En janvier 2020, seuls 3 abattoirs ont mis ce système en place. 

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