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Liban : Macron fait-il du "spectacle" ?




Liban : Macron fait-il du "spectacle" ?
Emmanuel Macron, à Beyrouth, le 6 août 2020

, publié le vendredi 14 août 2020 à 07h00

Ces accusations proviennent du président turc Recep Tayip Erdogan, qui estime que la France "se croit plus grande qu'elle ne l'est".

L'omniprésence de la France dans les discussions sur l'aide au Liban n'est pas au goût de tout le monde en Méditerranée.  Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé Emmanuel Macron de visées "coloniales" au Liban et qualifié sa récente visite à Beyrouth de "spectacle", dans un contexte de tensions croissantes entre Ankara et Paris. "Ce que Macron et compagnie veulent, c'est rétablir l'ordre colonial (au Liban)", a lancé le dirigeant turc lors d'un discours à Ankara.

"Nous, ce n'est pas courir après les photos ou faire le spectacle devant les caméras qui nous intéresse", a-t-il ajouté.

Le chef de l'Etat turc faisait référence au déplacement très médiatisé d'Emmanuel Macron à Beyrouth la semaine dernière, après l'explosion qui a dévasté la capitale libanaise. Si le président turc ne s'est pas personnellement rendu à Beyrouth, il y a dépêché son vice-président et son chef de la diplomatie la semaine dernière.

Le Liban a été sous mandat français de 1920 à son indépendance en 1943. Avant cela, il a été sous domination ottomane pendant quatre siècles.

Manoeuvres militaires

Les attaques virulentes de Recep Erdogan interviennent dans un contexte de tensions croissantes entre la Turquie et la France, liées notamment à des intérêts divergents en Libye et en Méditerranée orientale. Les recherches turques d'hydrocarbures dans cette zone maritime ont suscité la colère de la Grèce et de l'Union européenne.

Soutenant Athènes, Paris a dénoncé les actions "unilatérales" d'Ankara et annoncé jeudi avoir temporairement renforcé sa présence militaire Méditerranée orientale avec le déploiement de deux avions et deux navires de guerre. La presse progouvernementale turque a accueilli cette nouvelle avec indignation, accusant la France de "dépasser les bornes" et de "chercher la guerre".

Erdogan n'a pas directement commenté la décision française jeudi, mais il s'en est pris sans le nommer à un "pays qui n'a pas de littoral en Méditerranée orientale", le sommant de "ne pas se croire plus grand qu'il ne l'est".
 

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