La question du jour :

Jean Castex vous a-t-il convaincu ?




Jean Castex vous a-t-il convaincu ?
Le Premier ministre Jean Castex devant l'Assemblée nationale le 15 juillet 2020.

, publié le jeudi 16 juillet 2020 à 07h00

Le Premier ministre Jean Castex a prononcé son discours de politique générale devant l'Assemblée mercredi. Il y a dévoilé un plan pour "ressouder" la France en détaillant les priorités de son gouvernement.


Avec une majorité de 345 voix pour, 177 contre et 43 abstentions, Jean Castex a passé son grand oral avec facilité à l'Assemblée nationale.

Pour lui, "cette confiance nous oblige", et de lancer: "au travail!".

Auparavant, le Premier ministre avait tracé les lignes de force des 18 prochains mois, pour une déclaration de politique générale d'une heure pile en forme de grand oral, 12 jours après sa prise de fonction et au lendemain de l'intervention d'Emmanuel Macron lors du 14 Juillet.

Celui qui se définit comme "gaulliste social", apôtre de la concertation, a affirmé que sa "première ambition, immense" sera de "réconcilier ces France si différentes, les souder ou les ressouder". A la tribune, il a apposé sa patte en insistant sur la place des "territoires" - mot répété 25 fois - dans la mise en oeuvre des grands axes de sa politique: emploi, efficacité de l'action publique, souveraineté économique, transition écologique, protection sociale...  


"Traiter les sujets en partant des territoires, c'est s'assurer que les décisions soient suivies d'effet", a salué le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand. 

Le leader des Insoumis Jean-Luc Mélenchon a, lui, raillé sur Twitter le style: "Absent au cours du siècle écoulé, Monsieur Castex-Hibernatus est réapparu à la tribune de l'Assemblée nationale, ses pantoufles aux pieds".

Jean Castex a assuré que "la lutte contre le chômage et la préservation de l'emploi" seraient "la priorité absolue des 18 prochains mois", en précisant des mesures évoquées la veille par Emmanuel Macron, comme une prime à l'embauche de 4.000 euros par an pour les jeunes, ou des efforts sur la formation.

Il a également quelque peu détaillé les contours du plan de relance de 100 milliards d'euros prévu pour la rentrée. Il doit être financé par des aides européennes, dans le cadre du plan de relance que la France espère voir adopter par les 27 pays de l'UE, et par un endettement.

Ainsi, environ 40 milliards d'euros seront fléchés vers l'industrie. Vingt milliards seront consacrés à la rénovation thermique des bâtiments et les technologies vertes. Et le plan de relance portera "un plan vélo très ambitieux", a-t-il promis, plaidant pour "une croissance écologique" face à la "décroissance verte".

Si Gilles Le Gendre a salué un "résultat sans appel", Jean Castex n'a pas convaincu les oppositions. La confiance est déjà "rompue par trois ans de bilan décevant", a lancé dans l'hémicycle le patron des députés LR Damien Abad, soulignant que Jean Castex, issu de son parti, est "un îlot de droite dans un océan de 'en même temps'".

Un unique député LR a voté la confiance,  Guillaume Larrivé, treize se sont abstenus et 90 se sont prononcés contre.

A gauche aussi, l'heure était au vote contre. "Votre déclaration de politique générale aurait dû démontrer que le gouvernement se mettait en mode 'urgence'. Je crois qu'il n'en a rien été", a déploré

Valérie Rabault (PS), tandis qu'André Chassaigne (PCF) éreintait "un plan de relance petit bras". 

Le président demande "de réparer en 600 jours les dégâts qu'il a occasionnés en trois ans" mais "nous ne pouvons y croire", a aussi insisté Jean-Luc Mélenchon.

Sébastien Chenu (RN) a aussi jugé dans un communiqué que "l'acte III du quinquennat s'annonce comme la poursuite des actes I et II: volonté et courage sont aux abonnés absents". 

La majorité a quasi unanime fait bloc après cette intervention "classique", selon le mot d'un "marcheur". Mais dans la matinée en réunion interne, plusieurs LREM avaient exprimé "à mi-mot" leur déception après l'intervention du chef de l'Etat, certains n'ayant pas "retrouvé" l'Emmanuel Macron des débuts, selon des participants.

"Il me plaît de m'appuyer sur une majorité qui débat, qui a des idées, qui n'est pas monocolore", a assuré Jean Castex.

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