La question du jour :

Faut-il passer à la semaine de 32 heures ?




Faut-il passer à la semaine de 32 heures ?
Un travailleur décharge des produits frais à Lyon, vendredi 10 juillet.

, publié le samedi 11 juillet 2020 à 07h00

"La réduction du temps de travail, c'est une nécessité pour résorber le chômage." Pour le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez, avec la crise économique post-covid, il devient urgent de réduire le temps de travail.

En France, les plans sociaux se multiplient depuis le mois de mai. Et le nombre de suppressions de postes envisagées dans un plan de sauvegarde de l'emploi depuis le 1er mars est deux fois supérieur à celui un an auparavant, avec une hausse sensible depuis mi-juin, selon le ministère du Travail.




Face à cette hémorragie, la CGT défend l'idée d'une réduction du temps de travail, avec un objectif : le passage aux 32 heures. 

"On peut éviter (les suppressions d'emplois, N.D.L.R) par le lancement de nouveaux projets, et puis en changeant un certain nombre de choses, a indiqué le syndicaliste vendredi 10 juillet sur France 2.

Nous proposons de travailler moins, 32 heures par exemple. C'est ouvrir des possibilités d'embaucher et rendre les conditions de travail des salariés plus acceptables."

La perspective d'un réduction progressive du temps de travail est une constante du monde syndical et progressiste. Elle fait partie de l'ADN de la CGT, qui dès 1904 avait fait sienne la revendication de la journée de 8 heures, finalement adoptée au sortir de la guerre, en 1919. 

Débat relancé par Benoît Hamon

Le passage à la durée légale de 35 heures avait été, lui, acté sous le gouvernement socialiste de Lionel Jospin en 2000. Récemment, Benoît Hamon avait relancé le débat. Sans l'avoir fait figurer dans son programme, le candidat socialiste défendait cette perspective des 32 heures durant la dernière présidentielle. Tout comme Jean-Luc Mélenchon, qui se disait favorable à une discussion sur la question.

De l'autre côté du spectre politique, des groupes de réflexion libéraux, tels l'Institut Montaigne ou la Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques (Ifrap), défendent eux l'idée d'une augmentation du temps de travail. Dans un rapport publié le 11 mai, jour du déconfinement, l'Ifrap dressait un programme inverse à celui de la CGT : "Travailler plus et plus longtemps. Partir beaucoup moins en vacances ou en RTT dans les mois qui viennent. Débloquer le temps de travail hebdomadaire, débloquer les heures supplémentaires, repousser l'âge de départ à la retraite. Tout simplement nous retrousser les manches pour reconstruire notre économie."

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