La question du jour :

École : tous les élèves doivent-ils y retourner ?




École : tous les élèves doivent-ils y retourner ?©Fred TANNEAU / AFP

, publié le lundi 22 juin 2020 à 07h00

En principe, l'école est obligatoire pour tous les élèves à partir de ce lundi 22 juin. Mais de nombreux parents n'y remettront pas leurs enfants avant septembre. 

Pour permettre le retour de tous les élèves, le ministère de l'Éducation a publié un nouveau protocole sanitaire.

Celui-ci supprime les règles de distanciation physique en maternelle et les assouplit en élémentaire et au collège.

56% des Français contre le retour à l'école 

Dans son allocution le 14 juin, Emmanuel Macron n'avait pas laissé de place au doute : la reprise doit se faire "de manière obligatoire et selon les règles de présence normale" à compter du 22 juin, à l'exception des lycées. 




Mais une majorité (56%) de Français désapprouvent cette mesure et une majorité (55%) de parents refusent de remettre leurs enfants à l'école, selon un sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour franceinfo et Le Figaro publié jeudi 18 juin. Les trois quarts (74%) des personnes interrogées reconnaissent toutefois que le confinement aura des conséquences négatives sur le niveau des élèves. Et 70% jugent qu'ils accentueront les inégalités. 



Rarement à temps complet 

Depuis la réouverture des établissements scolaires mi-mai, 1,8 million d'élèves - sur un total de 6,7 millions - sont déjà retournés à l'école et, au collège, 600.000 sur 3,3 millions. Mais rarement à temps complet.

Pour cette nouvelle rentrée, qui intervient deux semaines avant le début des vacances d'été, le retour de tous les élèves doit se faire grâce à l'allègement du protocole sanitaire. 

Finie, la distanciation 

Jusqu'à présent, il imposait une distanciation entre les élèves de 4m2. Désormais, les règles de distanciation physique à l'école maternelle vont être abolies. "Entre les élèves d'une même classe ou d'un même groupe, aucune règle de distanciation ne s'impose, que ce soit dans les espaces clos (salle de classe, couloirs, réfectoire, etc.) ou dans les espaces extérieurs", est-il écrit dans ce nouveau protocole. 

À l'école élémentaire, on essaiera de "faire respecter un mètre" entre les élèves, a expliqué le ministre Jean-Michel Blanquer. Il a toutefois laissé entendre que des aménagements seraient possibles : dans certaines classes, "on sera obligé d'avoir un peu moins d'un mètre". 

Le masque reste obligatoire pour les plus de 11 ans

Selon le protocole, "dans les écoles élémentaires et les collèges, le principe est la distanciation physique d'au moins un mètre lorsqu'elle est matériellement possible, dans les espaces clos (dont la salle de classe), entre l'enseignant et les élèves ainsi qu'entre les élèves quand ils sont côte-à-côte ou face à face", poursuit le nouveau document, impliquant que la distanciation n'est pas obligatoire. 

"Si la configuration des salles de classe (surface, mobilier, etc.) ne permet absolument pas de respecter la distanciation physique d'au moins un mètre, alors l'espace est organisé de manière à maintenir la plus grande distance possible entre les élèves et les élèves de plus de 11 ans doivent porter le masque de protection dans la classe", ajoute le document. La distanciation physique "d'au moins un mètre" ne s'applique pas dans les espaces extérieurs entre élèves d'une même classe ou d'un même groupe, y compris pour les activités sportives". 

"On ne mettra pas la pression" aux enseignants 

Même assoupli, ce nouveau protocole pose toujours question. À Paris, une directrice d'école du XIIe prévient que tous les enfants ne pourraient peut-être pas revenir à l'école à temps plein, quand une autre, dans le XXe, assure par e-mail l'accueil de tous les élèves jusqu'au 4 juillet. Comment faire "quand on a des tables doubles qu'on ne peut pas scier ?", s'interroge de son côté le directeur d'une école de la région parisienne.

"On ne mettra pas la pression : soit un directeur veut suivre le protocole et donc ne pourra pas accueillir tous les élèves, soit il souhaite suivre l'injonction d'Emmanuel Macron et fera revenir tout le monde", assure Patrick Roumagnac, secrétaire général du syndicat des inspecteurs de l'éducation (SI.EN UNSA, majoritaire). 

Classe à l'air libre 

Pour permettre d'accueillir le plus grand nombre, le nouveau protocole évoque aussi la possibilité "d'organiser la classe à l'air libre".

Selon plusieurs acteurs du secteur, le ministère table aussi sur le fait que des familles se sont déjà organisées pour la fin de l'année scolaire et ne remettront pas leurs enfants à l'école. 

Pas de sanction en cas d'absence 

Et que risquent-ils ? "Absolument rien", a assuré Jean-Rémi Girard, président du Syndicat national des lycées et collèges (Snalc), la semaine dernière sur LCI. Les directeurs ne vont pas faire la chasse aux parents, ils ne perdront pas leur temps à noter les élèves absents et leur coller un conseil de discipline. Au mieux ils appelleront les parents le premier jour de l'absence, ces derniers trouveront une bonne excuse, et ça s'arrêtera-là", prédit-il. 

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