La question du jour :

Êtes-vous prêt à travailler plus pour contribuer à la relance de l'économie ?




Êtes-vous prêt à travailler plus pour contribuer à la relance de l'économie ?
Emmanuel Macron durant son allocution télévisée, dimanche soir depuis l'Elysée.

, publié le mardi 16 juin 2020 à 07h00

Dans son allocution télévisée dimanche, Emmanuel Macron a averti qu'il faudra "travailler davantage". Des propos qui laissent les syndicats perplexes.

Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire assure que "travailler et produire davantage" signifie qu'il faut "travailler tous".

Alors que la France est durement touchée par la crise liée au coronavirus, Emmanuel Macron a prévenu dimanche 14 juin dans son allocution que pour faire repartir l'économie française, il faudrait "travailler et produire davantage pour ne pas dépendre des autres", et ce "alors même que notre pays va connaître des faillites et des plans sociaux multiples en raison de l'arrêt de l'économie mondiale".



Un discours qui inquiète les syndicats. "S'il s'agit de donner de l'emploi à tous ceux et toutes celles qui sont sans emploi aujourd'hui, tous les intérimaires, tous les CDD, qui se sont retrouvés sur le carreau, oui. S'il s'agit de faire travailler plus tous ceux qui ont du boulot aujourd'hui, leur remonter les manches, sacrifier des congés, etc. et laisser sur le carreau ceux qui n'ont pas de boulot, ça ne marcherait pas", a réagi dimanche sur RTL le secrétaire général de FO Yves Veyrier. 

"A cette question du travail, j'associe celle du salaire. Il ne faut pas revenir à l'antienne des dix, vingt dernières années, que le salaire est l'ennemi de l'emploi", a encore dit le leader syndical. "Il ne faut pas que l'Etat orchestre une musique de baisse de salaires", a-t-il ajouté, rappelant que "la moitié de la population salariée perçoit moins de 1.800 euros net par mois".

"Si le 'travailler plus' c'est travailler tous et mieux, on peut le comprendre ainsi, tant mieux, on peut discuter (mais) si ceux qui auront gardé leur travail doivent travailler plus longtemps en terme de durée (...) ce serait totalement inepte", a de son côté commenté le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger lundi sur RTL.

Des congés pas remis en cause, mais de la flexibilité réclamée

Invité de Franceinfo lundi, Bruno Le Maire a tenu à rassurer. "Ça veut dire travailler tous,  (...) ça veut dire qu'il faut que le plus grand nombre de Français puissent trouver un travail", a martelé le ministre de l'Economie. Interrogé sur l'éventualité de demander aux Français de renoncer à des jours de congés, il a répondu : "non, je ne crois pas du tout que ce soit ce qu'a dit le président de la République (...). La lecture est très simple : il faut que nous travaillions tous". "Il faudra trouver un emploi pour les jeunes qui vont entrer sur le marché du travail dans quelques mois (...), il faudra faire attention à ce qu'on ne licencie pas massivement des personnes de plus de 50 ans par solution de facilité", a-t-il ajouté.

Son collègue de Bercy Gérald Darmanin a, de son côté, ouvert la porte à des négociations au niveau des entreprises, pour augmenter le temps de travail si nécessaire. "Il faut qu'on arrête de tout décider de Paris. On ne va pas décider du temps de travail des Français", a déclaré le ministre de l'Action et des Comptes publics sur BFMTV, louant une certaine flexibilité à l'échelle locale plutôt qu'une réforme nationale du temps de travail. "Il faut que chaque entreprise décide (...), que le patron ou la patronne décide avec ses salariés", non pas de manière "unilatérale", a-t-il ajouté. 

"Ce que nous demandons, c'est que dans les entreprises, pour accompagner le passage de la bosse difficile, il puisse y avoir des négociations" pour qu'il y ait des "efforts" communs pour maintenir l'activité et l'emploi, a également estimé la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye sur France Inter. "Le Code du travail permet de moduler la situation dans les entreprises en fonction de la conjoncture économique (...) Je préfère que ce lien avec le contrat de travail, les compétences, soit préservé et ne pas laisser les gens partir au chômage et mettre des années à retrouver un emploi", a-t-elle jugé.

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