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Municipales : irez-vous voter si le 2e tour a lieu en juin ?




Municipales : irez-vous voter si le 2e tour a lieu en juin ?©SEBASTIEN BOZON / AFP
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publié le mercredi 20 mai 2020 à 07h00

Le Premier ministre Edouard Philippe a désormais les éléments pour trancher. Dans un avis rendu public mardi, le Conseil scientifique donne son feu vert à la possibilité d'organiser le second tour des municipales d'ici fin juin si la situation épidémique le permet. 

C'est armé de ce rapport qu'Edouard Philippe doit se prononcer sur la poursuite du processus électoral dans environ 5.000 villes, les maires ayant été élus dès le premier tour le 15 mars dans environ 30.000 communes. 

Une situation "difficile à anticiper" 

Mais les experts sont extrêmement prudents et laissent une large part de responsabilité à l'exécutif.

Le Conseil scientifique observe que si "la situation sanitaire s'est nettement améliorée par rapport au début du confinement", il est "difficile d'anticiper une situation incertaine pour les semaines à venir".




Au point qu'il estime nécessaire de procéder à une nouvelle évaluation des conditions sanitaires 15 jours avant la date retenue, si les élections avaient lieu en juin, probablement le 28. En cas de perspectives négatives, "une nouvelle interruption du processus électoral" serait justifiée. 

Plus prudent de ne pas revoter pour les deux tours 

Parmi les arguments plaidant pour un 2e tour le mois prochain : cela permettrait de clore le chapitre. Car un report au-delà obligerait les autorités à reprogrammer l'intégralité du scrutin (1er et 2e tour) dans les villes concernées. Or, "d'un point de vue sanitaire, la tenue d'un seul tour de scrutin plutôt que deux, indépendamment des dates retenues, est de nature à réduire les risques sanitaires, au sens statistique du terme", argue le Conseil.

Ses membres mettent toutefois en garde contre les "risques sanitaires importants" liés à la campagne électorale, qui devra être "profondément modifiée". Dans leur viseur, les "meetings électoraux" ainsi que les "actions des candidats ayant pour effet des rencontres ou des rassemblements physiques (distribution de tracts, porte à porte, réunions publiques, réunions d'appartement)". 

Philippe consulte les partis 

Le gouvernement ne tranchera pas tout de suite, souhaitant s'assurer d'un consensus politique large sur la date afin d'éviter les critiques qui ont accompagné la tenue du 1er tour en mars. Le Premier ministre doit consulter les responsables des partis politiques mercredi en fin de journée. 

Edouard Philippe envisage aussi de solliciter un débat et un vote au Parlement sur l'organisation de l'élection fin juin. 

Des maires de grandes villes pour un 2e tour en juin

En attendant, le sujet s'est invité mardi à l'Elysée, où Emmanuel Macron recevait par visio-conférence une vingtaine de maires, dont Anne Hidalgo (Paris), Jean-Claude Gaudin (Marseille), Gérard Collomb (Lyon) ou encore François Baroin (Troyes), président de l'Association des maires de France.

Ces édiles penchent très majoritairement pour l'organisation d'un second tour en juin et le font savoir, par exemple dans une tribune co-signée par 36 d'entre eux dimanche dans le JDD. "Si les experts considèrent que l'épidémie est en quelque sorte sous contrôle, que le cadre protecteur de l'organisation des bureaux de voter permet une mobilisation électorale et de terminer le scrutin fin juin, l'association des maires de France est favorable à cela", a fait savoir lundi sur Europe 1 François Baroin. 

Pas de consensus politique

Quoi qu'il arrive, le consensus sera difficile à obtenir tant les avis divergent au sein de tous les camps. Mardi, le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand (LREM) a estimé qu'il n'était pas "raisonnable" d'envisager un vote dès la fin juin, alors que son homologue au Sénat à Gérard Larcher (LR), juge de son côté "sage" que le gouvernement demande éventuellement un deuxième avis aux scientifiques avant de tenir le 2e tour. 

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