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Déconfinement : êtes-vous serein pour le 11 mai ?




Déconfinement : êtes-vous serein pour le 11 mai ?
Le Premier ministre Edouard Philippe et le ministre de la Santé, dimanche 19 avril à Matignon

, publié le lundi 20 avril 2020 à 07h30

Le Premier ministre Edouard Philippe et le ministre de la Santé Olivier Véran ont dévoilé, dimanche, lors d'une conférence de presse, les premières pistes pour l'organisation de la sortie progressive du confinement. 

Travail, écoles, commerces... "Notre vie à partir du 11 mai ne sera pas notre vie d'avant, du moins pas tout de suite", a averti le chef du gouvernement en préambule de cette longue intervention. Alors que l'épidémie poursuit son ralentissement en France, avec 395 décès supplémentaires en 24 heures (19.718 au total) mais un nombre de patients hospitalisés et en réanimation en reflux, "nous marquons des points" mais "nous ne sommes pas sortis de la crise sanitaire", a prévenu le Premier ministre




"Nous allons devoir apprendre à vivre avec le virus", a aussi répété Edouard Philippe, en soulignant que pour l'heure la population française était loin d'être immunisée, qu'aucun traitement n'était reconnu et qu'aucun vaccin n'était a priori attendu avant "mi-2021" au plus tôt.

"Pas raisonnable d'imaginer voyager loin" 

Le quotidien des 67 millions de Français continuera d'être bouleversé : "il n'est pas raisonnable d'imaginer voyager loin à l'étranger très vite", a indiqué Edouard Philippe, alors que le président du Conseil scientifique Jean-François Delfraissy avait averti que "les mariages, les anniversaires, le grandes réunions familiales devront être évités dans les mois qui viennent".

Sommé par Emmanuel Macron de présenter un plan de déconfinement avant la fin avril, avec l'appui du haut-fonctionnaire et maire Jean Castex, Edouard Philippe en a dessiné les grands principes aux côtés de son ministre de la Santé Olivier Véran.

Mais il n'a pu entrer dans les détails, parfois dans un délicat exercice d'esquive et alors que la défiance des Français et les critiques de l'opposition restent fortes.

Les "gestes barrières" restent indispensables

Parmi les questions restant en suspens, la tenue en juin du second tour des municipales, même si la ministre de la Cohésion des territoires, Jacqueline Gourault, a considéré dimanche matin que "le réalisme conduisait" à ce qu'il ait lieu "sûrement après l'été".

Depuis Matignon, pendant près de deux heures, Edouard Philippe a insisté sur "trois éléments essentiels" pour initier le déconfinement. Parmi ceux-ci, la poursuite de l'adoption "des gestes barrières", comme la distanciation sociale, qui s'accompagnera par la généralisation du port de masques "grand public".

Masques et tests

Produits en France à 17 millions d'exemplaires par semaine d'ici le 11 mai, ils seront probablement rendus "obligatoires" dans les transports publics, répondant ainsi à la demande des principaux opérateurs de transports en commun.

Il faudra également, "tester beaucoup et rapidement", a ajouté Edouard Philippe. L'objectif du gouvernement est de pouvoir réaliser 500.000 tests par semaine d'ici le déconfinement, "si vous êtes porteur de symptômes (...) ou si vous avez été en contact rapproché d'une personne dont on sait qu'elle est malade", selon Olivier Véran. Et en cas de test positif, les malades devront être isolés, soit à domicile, soit dans un lieu dédié, comme les hôtels.

Pas de réouverture généralisée des écoles

Pour le reste, Edouard Philippe est resté fort prudent sur les scénarios de l'après 11-mai, indiquant par exemple que plusieurs hypothèses étaient à l'étude pour la réouverture des écoles, "par territoire" ou "par moitié de classe". Un certitude, "les écoles n'ouvriront pas partout le 11 mai", a réitéré Edouard Philippe. 




Le Premier ministre a aussi appelé à la poursuite du télétravail "dans toute la mesure possible". Pour les commerces, des files d'attente devront être organisées pour respecter une distance minimale d'un mètre, et des mesures comme la mise à disposition de gel hydro-alcoolique "devront être mises en œuvre".

La croissance en recul de 8%

Alors que le PIB devrait reculer de 8% cette année, Edouard Philippe a martelé que la crise économique serait "brutale" et "ne fait que commencer", tout en rappellant les mesures d'aides. 

Par ailleurs, Olivier Véran a annoncé le rétablissement "à partir de" lundi d'un "droit de visite pour les familles" dans les Ehpad, dans des conditions "extrêmement limitées", et dans "les établissements qui accueillent des personnes en situation de handicap". 

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