La question du jour :

Est-il "sérieux" de rouvrir les écoles à partir du 11 mai ?




Est-il "sérieux" de rouvrir les écoles à partir du 11 mai ?
Depuis le 16 mars, quelque 12,5 millions d'élèves et 2,6 millions d'étudiants suivent les cours à distance en raison de la fermeture des écoles, collèges, lycées et universités (illustration).
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publié le mardi 14 avril 2020 à 07h00

Alors qu'Emmanuel Macron a annoncé lundi soir la réouverture progressive des crèches, écoles, collèges et lycées, Francette Popineau, secrétaire générale du Snuipp-FSU, premier syndicat du primaire, estime avoir "l'impression d'être sacrifiée sur l'autel de l'économie".   

Emmanuel Macron a annoncé lundi 13 avril une levée progressive des mesures de confinement mises en place le 17 mars dernier pour faire face à la pandémie de coronavirus. Les crèches, écoles, collèges et lycées rouvriront "progressivement" à partir du 11 mai, a annoncé le chef de l'Etat.  


"Trop d'enfants notamment dans les quartiers populaires, dans nos campagnes sont privés d'école sans avoir accès au numérique et ne peuvent être aidés de la même manière par les parents, c'est pourquoi nos enfants doivent pouvoir retrouver le chemin des classes", a-t-il expliqué, en faisant valoir que "le gouvernement aura à aménager des règles particulières, organiser différemment le temps et l'espace, bien protéger nos enseignants et nos enfants avec le matériel nécessaire". 

Pour les étudiants de l'enseignement supérieur, "les cours ne reprendront pas physiquement, jusqu'à l'été", a ajouté le chef de l'Etat. Le gouvernement précisera ultérieurement "la bonne organisation qui sera nécessaire en particulier pour les examens et les concours". 

"Reprendre dans un mois, comme si de rien n'était, ce n'est pas possible" 

"C'est tout sauf sérieux de rouvrir les écoles le 11 mai car on nous dit que tous les lieux publics sont fermés, les cinémas, les salles de spectacle, mais pas les écoles alors que l'on sait que c'est un lieu de haute transmission, de haute contamination, il y a un manque de précaution, ça paraît être en contradiction totale avec le reste", a réagi Francette Popineau, secrétaire générale du Snuipp-FSU, premier syndicat du primaire, interrogée par l'AFP

"Il va y avoir une forte incompréhension de la part des enseignants, on a l'impression d'être sacrifié sur l'autel de l'économie", a-t-elle dit. "Reprendre dans un mois, comme si de rien n'était, ce n'est pas possible, car il n'y aura pas plus de gens immunisés, les enfants vont être ensemble à l'école, sans gestes barrière possibles, et ensuite aller dans les familles, chez les grands parents, cela ne paraît pas du tout raisonnable", a ajouté Mme Popineau. 

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