La question du jour :

Manuel Valls devrait-il revenir dans la vie politique française ?




Manuel Valls devrait-il revenir dans la vie politique française ?
Manuel Valls à Paris pour l'enterrement de Jacques Chirac, le 30 septembre 2019.

, publié le samedi 07 mars 2020 à 07h00

Et si l'ancien Premier ministre revenait sur le devant de la scène ? Dans un entretien au Monde vendredi, celui qui a tenté d'être élu maire de Barcelone déclare vouloir être "utile" à Emmanuel Macron.

À la suite de son échec à la primaire socialiste pour la présidentielle de 2017 et de son ralliement à Emmanuel Macron, Manuel Valls avait décidé de changer d'horizon en s'engageant de l'autre côté des Pyrénées. Il s'était lancé dans la course à la mairie de Barcelone, sa ville natale.

Lors de sa campagne, il avait promis que "quoi qu'il arrive", il resterait dans la capitale catalane.

Mais moins d'un an après sa défaite, l'ancien Premier ministre laisse planer le doute sur un retour en France.




Depuis quelques mois, il ne manque pas de saluer l'action du gouvernement. En octobre dernier, ce défenseur d'une laïcité stricte apportait son soutien au ministre de l'Éducation national Jean-Michel Blanquer après ses propos sur le voile, "pas souhaitable dans notre société". Mi-février, il a jugé sur RTL qu'Emmanuel Macron posait "le bon diagnostic sur le mal" après la présentation de son plan de lutte contre le "séparatisme" islamiste.

"Je n'ai pas rompu avec la politique française"

Dans un entretien au Parisien le 28 février, il assurait que "si (son) retour en politique n'est pas à l'ordre du jour, (il) ne manquerai(t) jamais d'être utile aux Français. Par (son) expérience, (ses) prises de position, (ses) réflexions ou (ses) propositions". Il jugeait aussi "légitime de la part de l'exécutif de vouloir mettre en œuvre" la réforme des retraites, et jugeait "justifiée" et "en aucun cas antidémocratique" l'utilisation du 49.3 face à "l'obstruction".

Auprès du Monde vendredi 6 mars, il insiste. "C'est d'abord le débat politique en France qui me passionne car c'est ma vie", assure-t-il, avant d'affirmer : "Je ne suis pas en exil, je n'ai pas disparu et viens régulièrement à Paris. Je n'ai pas rompu avec cette ville, ni avec la politique française." Il affirme avoir "des contacts réguliers" et des relations "apaisées" avec Emmanuel Macron, et entretenir de "bonnes relations" avec le président de l'Assemblée Richard Ferrand, le patron du groupe La République en marche (LREM) à l'Assemblée Gilles Le Gendre, ainsi qu'avec plusieurs membres du gouvernement, dont les ex-socialistes Didier Guillaume et Jean-Yves Le Drian; mais aussi Gérald Darmanin ou Jean-Michel Blanquer.

Un potentiel retour qui divise 

"De passage à Paris ces derniers jours, il a multiplié les échanges avec des responsables de la majorité", révèle Le Monde. Cela signifie-t-il un retour en macronie ? "Certains parient pour une promotion sur un portefeuille régalien, à la Défense, au Quai d'Orsay ou plus vraisemblablement à l'Intérieur", écrit encore le quotidien. 

Certains, au sein de l'exécutif, seraient pour intégrer "un profil d'expérience", dont "la parole porte", afin d'incarner "la fermeté" et "contrer la droite et l'extrême droite" avant la présidentielle de 2022. "On manque d'un Valls ou d'un Sarkozy, qui certes clivent, mais au moins impriment une volonté", estime un proche du chef de l'État, tandis qu'un ministre issu du PS juge qu'"il peut apporter". "Il est solide. Il a l'atout d'avoir une image positive à gauche, en incarnant la social-démocratie, et, à droite, en étant en pointe sur la sécurité et la laïcité", avance de son côté le chef de file des députés MoDem, Patrick Mignola.

Tous ne partagent pas cet avis. "Quel serait le gain politique ? Il ne peut pas parler à un électorat social-démocrate : il est lui-même l'incarnation de cette rupture", fustige un pilier de la majorité. "Il vaudrait mieux ajouter des éléments de justice sociale et d'écologie à notre ligne idéologique, plutôt que de faire du régalien sur une ligne autoritaire", prévient de son côté la figure de l'aile gauche de LREM Aurélien Taché. "Si Valls revenait au premier rang et voulait pousser ses orientations sur la laïcité ou l'immigration, je ferais entendre une autre voix", prévient le député du Val-d'Oise. 

"Je n'exclus rien"

"Je ne suis candidat à rien. Je n'ai pas de plan", jure de son côté Manuel Valls, en éludant la question d'une éventuelle entrée au gouvernement : "C'est un choix qui n'appartient qu'au président de la République et au premier ministre." L'ancien maire PS d'Évry assure vouloir partager ses "réflexions" sur ses thèmes de prédilection car, "à 57 ans", il considère ne pas être "totalement terminé". Il affirme vouloir être "utile" à Emmanuel Macron et "au débat" en France. "Je n'exclus rien et ne sais pas de quoi sera fait l'avenir", conclut-il. 

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