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Retraites : l'exécutif joue t-il la montre?




Retraites : l'exécutif joue t-il la montre?
Emmanuel Macron et le président du Niger Mahamadou Issoufou, le 22 décembre 2019, à Niamey

, publié le vendredi 27 décembre 2019 à 07h00

"Ce n'est pas parce qu'il n'y a pas de rendez-vous qu'il n'y a pas de travail", a assuré le chef de file des députés de la majorité, alors que le mouvement de grève est entré dans sa quatrième semaine.

Emmanuel Macron joue-t-il le pourrissement ? Au moment où la grève contre la réforme des retraites connait son 23e jour consécutif de mobilisation, l'opposition et les syndicats multiplient leurs critiques contre le président de la République et son Premier ministre. Le tandem est accusé de laisser la situation s'enliser en misant sur un retournement de l'opinion publique pour remporter le bras de fer.


Le chef de l'Etat l'avait promis le 21 décembre : "Il n'y aura pas de trêve pour le gouvernement pendant cette période compte tenu de nos engagements et de l'importance de la situation". L'annonce du calendrier des concertations, avec un prochain rendez-vous fixé le 7 janvier à Matignon, a fait tiquer certaines organisations syndicales.

Sud-Rail dénonce une "stratégie du pourrissement"

L'agenda du gouvernement a fait s'interroger certaines d'entre elles, alors que le projet de texte sera en conseil des ministres dès le 22. Les vacances de Noël à Marrakech de la ministre de la Transition écologique Elisabeth Borne, qui a sous sa tutelle le portefeuille des transports, n'ont quant à elles pas contribué à l'apaisement des débats, créant une "polémique bien inutile", selon le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner : "Les ministres ont droit aussi à quelques moments de partage dans leur famille".

Mais pour Eric Meyer, secrétaire fédéral du syndicat Sud-Rail, depuis les derniers rendez-vous à Matignon les 18 et 19 décembre, "on fait face à une stratégie du pourrissement, où il n'y a plus aucun contact entre le gouvernement et les organisations syndicales, où le gouvernement est en vacances et laisse la grève se maintenir jusqu'à la rentrée, jusqu'à on ne sait pas quand", a-t-il accusé sur franceinfo. Faux, répond Matignon, qui souligne la "volonté forte du gouvernement de continuer les discussions sur les sujets identifiés par les organisations syndicales et ce dans un calendrier qui puisse permettre d'avancer rapidement".

"Ce n'est pas parce qu'il n'y a pas de rendez-vous qu'il n'y a pas de travail", assure Sylvain Maillard, porte-parole des députés LREM, alors que le conflit, déjà aussi long que celui de 1995, semble bien parti pour dépasser le record de 28 jours atteint en 1986/87 à la SNCF.

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