La question du jour :

La France est-elle "un pays trop négatif" ?




La France est-elle "un pays trop négatif" ?
Emmanuel Macron à l'inauguration de la nouvelle université d'Amiens, le 21 novembre 2019.
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, publié le samedi 23 novembre 2019 à 07h00

Emmanuel Macron a déploré, jeudi 21 novembre à Amiens, que la France soit actuellement un "pays trop négatif", mettant en garde contre les violences à l'approche de la journée de grève interprofessionnelle du 5 décembre.

Emmanuel Macron a passé jeudi et vendredi deux jours dans sa ville natale d'Amiens, afin de tenter de casser l'image de "président déconnecté" des territoires qui lui colle à la peau depuis le début de son quinquennat. Il a notamment assisté à l'inauguration du nouveau site de l'université d'Amiens, déplorant devant les étudiants un "pays trop négatif".

"On a l'impression si on s'écoute collectivement, si on branche la radio ou qu'on allume la télé, que tout est terrible (...) En ce moment notre pays est, je trouve, trop négatif sur lui-même", a-t-il déclaré. 




Le chef de l'État a une nouvelle fois déploré les "violences dans la rue", après celles dans les universités et pour le premier anniversaire des "gilets jaunes".

"Il n'y a pas de liberté sans ordre public dans la rue, il y a une liberté de manifester, il y a une liberté d'exprimer son opinion, mais il n'y a pas de liberté de casser", a-t-il insisté.

Cet avertissement est lancé alors que l'exécutif surveille de très près les préparatifs du mouvement du 5 décembre et veut que les partenaires sociaux dénoncent les violences, selon un membre du gouvernement.

C'était mieux avant ?

Au premier jour de sa visite dans sa ville natale, Emmanuel Macron a cherché à convaincre les jeunes d'"être quand même positifs et (d')avancer". "On a des difficultés, on les affronte. Est-ce qu'elles sont impossibles à affronter? Pas du tout! Est-ce que les choses vont moins bien qu'il y a 20 ans sur tous les sujets? Faux!".

Il a toutefois reconnu que l'acte désespéré d'un étudiant de 22 ans, qui a tenté de s'immoler par le feu à Lyon, illustrait "les difficultés" de certains étudiants "pour se loger, se chauffer, parfois se nourrir".  Mais quand "on parle des conditions étudiantes, comparons la France aux autres pays", a-t-il ajouté face à quelque 200 étudiants. En insistant sur les mesures prises depuis le début du quinquennat, comme la suppression de 217 euros de cotisation à la sécurité sociale étudiante. C'est nettement supérieur à la baisse de cinq euros des APL" (Aides personnalisées au logement), qu'il a reconnu traîner "comme un boulet".

"Sinistrose"

Une sortie qui a lui a valu des reproches de la part de Jean-Luc Mélenchon, selon qui le président de la République "aurait mieux fait de se taire". 

"Je pense qu'il est important que dans notre pays on voit aussi ce qui va bien et ce qui marche bien. Il y a évidemment beaucoup de souffrances, beaucoup de gens qui sont dans la difficulté, mais on a aussi des nouvelles positives et ça il faut pouvoir s'en féliciter : quand  vous avez plus de créations d'emplois, quand vous avez un pouvoir d'achat qui augmente, quand vous avez des impôts qui baissent, ce sont des bonnes nouvelles, et parfois il faut aussi savourer ce qui est bon", a de son côté estimé Sibeth Ndiaye, vendredi matin sur BFMTV.

"Je pense qu'on a une ambiance qui est plutôt à la sinistrose", a toutefois reconnu la porte-parole du gouvernement. "Il est normal que quand on est à titre personnel dans une difficulté, on ne voit que ce qui est difficile, je le comprends parfaitement. Ce qui est aussi important, c'est de se rendre compte de ce qui va un peu mieux. Mais je suis persuadée qu'il y a beaucoup de Français qui se rendent compte que leurs impôts ont baissé parce qu'ils ont payé moins de taxe d'habitation cette année, qu'il y a dans l'entourage qui a retrouvé un emploi. Ce sont des signaux positifs", a-t-elle développé. 

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