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Immigration : faut-il instaurer des quotas ?




Immigration : faut-il instaurer des quotas ?
Le Premier ministre Édouard Philippe a présenté ses doit annoncer plusieurs mesures sur l'immigration mercredi.
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, publié le mercredi 06 novembre 2019 à 07h00

La question de quotas d'immigrés, un serpent de mer dans le débat politique français, est revenue sur le devant de la scène. Le Premier ministre Édouard Philippe a annoncé mercredi que des objectifs chiffrés d'immigrés économiques, en fonction des besoins de main d'œuvre, vont être mis en place. 

"Quotas" de professionnels qualifiés d'un côté, lutte contre l'immigration irrégulière en durcissant l'accès aux soins de l'autre.

Édouard Philippe a défendu "un juste équilibre" en présentant son plan immigration, critiqué jusque dans les rangs de la majorité. "J'ai fixé un cap, une clarté, le gouvernement l'applique après les discussions intenses avec les experts et les parlementaires", a de son côté déclaré Emmanuel Macron depuis Pékin, affirmant que son rôle n'était pas de "commenter les commentaire ou les états d'âme".




Il était interrogé sur les déclarations de la ministre de la Justice Nicole Belloubet, qui a émis des réserves sur les "quotas" d'immigration, estimant qu'à l'étranger, cela n'avait "pas marché" et que cela ne pouvait "pas être la seule réponse". Au même moment, le député de la majorité Jean-François Cesarini affirmait que lui et quelques autres de ses collègues ne voteraient pas certaines mesures, dénonçant un "affichage" avec "des effets pervers".  

• Débat au Parlement d'ici fin 2020

Mesure la plus emblématique parmi les 20 exposées, l'instauration de "quotas" ou "objectifs quantitatifs exclusivement" pour l'immigration professionnelle en fonction de la branche d'activité - et non de la nationalité -, dont l'ampleur doit être déterminée chaque année. 




"Dès la fin de l'année, il y aura les premiers décrets et premières circulaires" et, "dès novembre, les premières concertations" pour les compétences et métiers, a expliqué Édouard Philippe. Il a souhaité qu'avant fin 2020 ait lieu un nouveau débat parlementaire, "où seront discutés l'ensemble des mesures".

• Quid du regroupement familial ?

"Nous ne toucherons pas à la question du regroupement familial", mais "nous luttons contre toutes les fraudes, y compris au sein du regroupement familial", a répété pour sa part Christophe Castaner. Le ministre a aussi promis l'ouverture de trois nouveaux centres de rétention ainsi que 16.000 nouvelles places d'hébergement pour les réfugiés.

En revanche, le gouvernement prévoit un tour de vis envers l'immigration clandestine. Les étrangers sans-papiers ainsi que les personnes déboutées de leur demande d'asile ne pourront bénéficier d'un maintien de leur protection maladie que pendant six mois, au lieu de 12 jusqu'à présent.

Le nombre de titres de séjours délivrés pour des raisons économiques (près de 33.502 en 2018) ne représente qu'une petite partie des quelque 255.956 titres octroyés en 2018, selon les chiffres officiels provisoires. 

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