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2022 : Emmanuel Macron orchestre-t-il "un duel" avec Marine Le Pen ?




2022 : Emmanuel Macron orchestre-t-il "un duel" avec Marine Le Pen ?
Emmanuel Macron reçoit la présidente du Rassemblement national Marine Le Pen le 6 février 2019 à l'Élysée.

, publié le lundi 04 novembre 2019 à 07h00

Le président de La République et la présidente du Rassemblement national (RN) recueillent chacun 27 à 28% d'intentions de vote au premier tour pour l'élection présidentielle de 2022, loin devant les autres candidats, selon un sondage Ifop pour Le Journal du dimanche (JDD).

Faut-il s'attendre à nouveau duel Marine Le Pen-Emmanuel Macron en 2022 ? Le député européen EELV Yannick Jadot a accusé dimanche 3 novembre le président Emmanuel Macron "d'organiser la victoire" de Marine Le Pen à la présidentielle de 2022 en construisant "un couple maudit" avec la cheffe du RN.

"Emmanuel Macron, aujourd'hui, ne fait pas que souffler sur les braises : il est en train de mettre le feu à notre société", a déploré Yannick Jadot sur LCI. Pour lui, en orchestrant "un duel" avec Marine Le Pen, Emmanuel Macron "est en train d'organiser la victoire" de la députée RN.

"Il reprend ses thèmes et il précarise la société" et "continue à participer des fractures sociales et territoriales de notre pays", "ça, c'est faire monter Marine Le Pen à 100%" pour 2022, a dénoncé le député écologiste. 

"Emmanuel Macron cherche au fond à reprendre les sujets de Marine Le Pen et parfois potentiellement ses propositions pour essayer de construire un duel, un couple maudit pour la prochaine présidentielle", a-t-il encore dénoncé. 

Marine Le Pen grappille des points

Emmanuel Macron et Marine Le Pen recueillent chacun 27 à 28% d'intentions de vote au premier tour pour l'élection présidentielle de 2022, loin devant les autres candidats dont Yannick Jadot (entre 7,5 et 9%), selon un sondage Ifop pour le JDD paru dimanche. Au deuxième tour, le président l'emporterait par 55% (-2 points par rapport à mai), contre 45% pour Marine Le Pen. Emmanuel Macron l'avait emporté en mai 2017 par 66,1% des voix contre 33,9% pour sa rivale.

Un entretien à Valeurs actuelles qui passe mal

Interrogé sur l'entretien d'Emmanuel Macron accordé au journal très conservateur Valeurs Actuelles, Yannick Jadot a estimé qu'avec cette interview, le président ne s'adressait pas "aux classes populaires" mais "à une toute petite minorité de la frange bourgeoise la plus réactionnaire de notre pays". "Simplement, la faute majeure qu'il fait c'est que son mandat, ce doit être apaiser, réconcilier, porter un projet qui nous emmène tous". Or, considère le député écologiste, il "revient sur le pire de ce que dit la droite".

L'ex-journaliste Audrey Pulvar avait également fustigé cette interview la veille sur Franceinfo. "Je comprends mal pourquoi le président de la République donne une telle résonance à un journal qui est un journal d'extrême droite, qui est un journal misogyne, qui a été condamné pour incitation à la haine raciale. Un journal d'un climato-scepticisme tellement caricatural qu'il en devient risible", a dénoncé la candidate aux élections municipales à Paris sur la liste "Paris en commun".



La militante écologiste a par ailleurs mis en garde le président, qui ne s'attaque qu'au RN en pensant qu'il sera de nouveau face à Marine Le Pen en 2022. Il oublie, selon elle, que des candidats écologistes ou Les Républicains pourraient émerger. "Ce n'est pas en légitimant les idées du Rassemblement national qu'il va affaiblir le Rassemblement national. Nicolas Sarkozy a essayé. Ça a marché en 2007, ça a moins marché en 2012", a-t-elle conclu. 

 

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