La question du jour :

La France doit-elle être plus ferme avec la Turquie ?




La France doit-elle être plus ferme avec la Turquie ?
Le président de la République Emmanuel Macron

Orange AFP-Services, publié le lundi 14 octobre 2019 à 07h00

Le président de la République Emmanuel Macron a expliqué dimanche qu'il craignait une "situation humanitaire insoutenable" et la résurgence de l'État islamique dans la région. 

Alors que le régime de Damas annonçait envoyer des troupes au nord de la Syrie pour contrer l'offensive turque, Emmanuel Macron a déclaré qu'un Conseil restreint de défense se tenait dimanche soir. "Notre volonté commune est que cette offensive cesse.

Notre conviction à l'un et l'autre est que cette prend le risque d'une part, et nous ne constatons d'ores et déjà sur le terrain, de créer des situations humanitaires insoutenables et, d'autre part d'aider Daech à réémerger dans la région", a-t-il déclaré.

Un peu plus tôt dans la soirée, la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye avait également appelé la Turquie à "terminer au plus vite son intervention contre les Kurdes". 

La France a exprimé ses inquiétudes après l'annonce de la fuite de plus de 800 proches de djihadistes dans le contexte de l'intervention turque en Syrie. "Evidemment que nous sommes inquiets par rapport à ce qui pourrait se passer et c'est la raison pour laquelle nous souhaitons que la Turquie (...) termine au plus vite l'intervention qu'elle a commencée, que nous avons évidemment condamnée", a-t-elle déclaré la porte-parole du gouvernement sur France 3.

Et d'ajouter : "Je ne sais pas, aujourd'hui, qui sont exactement les personnalités qui se sont enfuies du camp, c'était depuis le début de cette intervention armée une préoccupation pour la France", a-t-elle insisté, en mentionnant les "djihadistes français dont nous avons toujours considéré qu'ils devaient être jugés sur place".




"Nous avons une diplomatie qui est extrêmement active", a aussi souligné Sibeth Ndiaye. Elle a rappelé que "le président de la République a eu l'occasion d'échanger avec Donald Trump pour lui rappeler ce qu'étaient les préoccupations françaises", et "la condamnation unanime de l'Union européenne vis-à-vis de cette offensive unilatérale sur le sol syrien".

Réunion d'urgence

La France a demandé d'abord une réunion du Conseil de sécurité à l'ONU, puis une réunion des membres de la coalition internationale qui agit actuellement en Syrie. "Nous avons également annoncé que nous ne fournirions plus d'armes à la Turquie", a-t-elle développé, expliquant qu'il y a "déjà des populations qui sont déplacées, on peut craindre une grave crise humanitaire sur place".

Les combats font rage au cinquième jour d'une offensive turque qui a provoqué un tollé international et entraîné la mort de plus de 150 personnes, dont une cinquantaine de civils, et l'exode de plus de 130 000. Dimanche, quelque 300 personnes de la communauté kurde de Toulouse, mais également des militants de partis de gauche, se sont rassemblés sur une place du centre, avant défiler en scandant : "Erdogan assassin". "Si vous êtes tranquilles dans vos vies, si vous pouvez bien dormir, s'il n'y a plus d'attentats chez vous, c'est grâce au combat des Kurdes", a lancé à l'adresse des Européens Nafiyé Atac, une des figures de la communauté kurde à Toulouse.

Des familles appellent au rapatriement

Des familles de djihadistes français se trouvant en Syrie ont de leur côté pressé dimanche le gouvernement de les rapatrier d'"urgence", ainsi que leurs enfants. "Avant que la situation n'empire, avant que des enfants innocents soient tués ou blessés en plus grand nombre, avant que les prisonniers étrangers ne se dispersent dans le chaos syrien, le gouvernement français et les gouvernements européens doivent enfin réagir, et réagir conformément au droit international humanitaire et aux principes fondamentaux de la protection de l'enfance", rappelle le "Collectif des familles unies".

Ce collectif "appelle le gouvernement français à rapatrier dans l'urgence les enfants français innocents pris au piège de la guerre en Syrie, et - pour des raisons de sécurité qui paraissent à présent évidentes - de rapatrier également leurs parents".

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