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Xavier Dupont de Ligonnès : les médias en ont-ils trop fait ?




Xavier Dupont de Ligonnès : les médias en ont-ils trop fait ?
Devant la maison où résidait la famille Dupont de Ligonnès à Nantes, le 11 octobre 2019.

, publié le dimanche 13 octobre 2019 à 07h00

L'annonce de l'arrestation de Xavier Dupont de Ligonnès était en réalité erronée. Un scoop exceptionnel qui s'effondre pour plusieurs raisons, que l'AFP détaille. Selon vous, la presse en a-t-elle trop fait ? 

L'homme arrêté vendredi 11 octobre au soir à Glasgow en Ecosse n'est pas Xavier Dupont de Ligonnès. Un "scoop" journalistique qui s'est étiolé au fur et à mesure de la soirée et de la nuit quand est apparu que l'identité de la personne arrêté ne correspondait pas à ce père de famille soupçonné d'avoir tué sa femme et ses enfants à Nantes en 2011. 

L'annonce faite par Le Parisien à 20 h 30 a très rapidement eu l'effet d'un coup de théâtre dans les rédactions. Et pour cause : la nouvelle est exceptionnelle dans cette affaire, qui est l'une des plus grandes énigmes criminelles de ces dernières décennies en France.



A 21 h 01, l'Agence France-Presse confirme l'information du Parisien, sur la base d'une "source proche de l'enquête". Au total, l'Agence dispose de quatre sources policières françaises différentes avec lesquelles les journalistes ont l'habitude de travailler en confiance. Toutes relèvent que "selon la police écossaise" les empreintes digitales de l'homme interpellé à Glasgow "correspondent". Il n'y a pas de conditionnel dans ce que rapportent les Ecossais à leurs collègues français.

Un test ADN négatif

Une grande partie des médias français reprennent l'information, la font confirmer de source officielle, et indiquent que l'homme arrêté est bien Xavier Dupont de Ligonnès. Mais au fur et à mesure de la nuit le doute s'installe : des vérifications doivent être faites, les empreintes digitales ne correspondent que "partiellement", le samedi matin l'AFP retourne à Limay, où est domicilié le suspect, qui voyage avec un passeport au nom de Guy Joao. Là, les voisins expriment de forts doutes sur un lien possible avec Xavier Dupont de Ligonnès. "C'est pas lui", disent certains, en évoquant ce septuagénaire marié à une Ecossaise.

Parallèlement, les sources policières de la veille expriment aussi leur doute sur la correspondance des empreintes et sur l'identité de l'homme interpellé. L'AFP fait état de ce doute peu avant 11 heures.

Enfin à 12h55, l'AFP écrit que l'homme arrêté à Glasgow n'est pas Dupont de Ligonnès après un test ADN, en citant une source proche de l'enquête. Les enquêteurs français disposent en effet de l'ADN du suspect de la tuerie nantaise et la comparaison avec l'ADN de l'homme arrêté est négative.

Sollicitées par l'AFP, les sources françaises ou écossaises n'ont à ce stade fourni aucune explication sur l'origine de cette erreur.
 

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