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Jihadistes : craignez-vous les effets de l'offensive turque en Syrie ?




Jihadistes : craignez-vous les effets de l'offensive turque en Syrie ?
Des soldats pro-Turquie, près de la ville d'Azaz, en Syrie

Orange avec AFP-Services, publié le vendredi 11 octobre 2019 à 07h00

Alors que la Turquie a lancé son offensive contre les forces kurdes dans le nord de la Syrie, les pays occidentaux s'inquiètent des jihadistes étrangers détenus sur place, qui pourraient profiter du chaos pour disparaître dans la nature.

Que vont devenir les jihadistes étrangers prisonniers des Kurdes? L'opération militaire de l'armée turque et de ses supplétifs met à mal les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par la principale milice kurde de Syrie, les Unités de protection du peuple (YPG), qui "ont prévenu que si la Turquie pénétrait en Syrie, elles devraient consacrer leurs forces à repousser l'attaque turque".

"Elles détiennent des milliers de prisonniers du groupe État islamique (EI), souvent dans des prisons improvisées", détaille Sam Heller, analyste à l'International crisis group (ICG). . "Si des cadres de l'EI s'évadent à la faveur du chaos, ils seront en mesure de remonter des opérations dans la zone. Et s'ils fuient le champ de bataille syrien, ils pourraient renforcer des groupes radicaux islamistes dans le reste du monde".


L'administration semi-autonome kurde de Syrie a assuré jeudi 10 octobre que des bombardements turcs avaient touché "une partie de la prison de Jarkine à Qamichli (nord-est de la Syrie) où se trouvent un grand nombre de terroristes de l'EI, originaires de plus de soixante pays", sans préciser si cela avait permis des évasions. 

Des dignitaires de Daesh mis "en lieu sûr"

En prévision de l'offensive turque, annoncée plusieurs jours à l'avance, l'armée américaine a transféré "en lieu sûr" au moins deux importants membres de l'EI, a révélé jeudi le président Donald Trump. 

Selon le "Center on National security" de l'université new-yorkaise de Fordham, citant de hauts responsables américains, ce sont "plusieurs douzaines" de membres de l'EI détenus par les FDS qui ont été mis à l'abri préventivement par l'US Army, certainement en Irak.

Pour l'heure, les responsables kurdes de Syrie assurent qu'en dépit des circonstances ils n'ont pas l'intention d'ouvrir grandes les portes de leurs prisons. "Sur les jihadistes (étrangers), notre coopération (avec la France) continue, dans des conditions difficiles. On maintient avec force et rigueur notre coopération", assure ainsi leur représentant en France, Khaled Issa.

"On va essayer de jongler sur plusieurs fronts avec les moyens dont on dispose", dit-il. "On est obligé de retirer une partie (de nos hommes), même sur la vallée de l'Euphrate où éventuellement le régime et ses alliés peuvent avancer. Cette opération (turque) aura un impact bien négatif sur notre combat contre les cellules dormantes de l'EI, qu'on faisait tous les jours".

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