La question du jour :

Christophe Castaner doit-il démissionner ?




Christophe Castaner doit-il démissionner ?
Christophe Castaner à Marseille, le 17 septembre 2019.

, publié le dimanche 06 octobre 2019 à 07h00

Après sa gestion de la crise des gilets jaunes et la mort de Steve Maia Caniço à Nantes, le ministre de l'Intérieur est une nouvelle fois pointé du doigt après la tuerie de la préfecture de police de Paris.

"Incompétence", "dissimulation", voire "scandale d'État": la droite et l'extrême droite réclament une enquête parlementaire sur la tuerie de la préfecture de police et la tête du ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, qui conserve la "confiance" du Premier ministre.

Les Républicains et le Rassemblement national fustigent les erreurs du ministre, déjà mis sous pression à plusieurs reprises depuis son arrivée à Beauvau à l'automne 2018 pour sa gestion de la crise des "gilets jaunes" ou après la mort de Steve Maia Caniço à Nantes. 



Il se fait étriller pour avoir déclaré jeudi, après la tuerie au couteau, que l'assaillant, en poste à la préfecture de police depuis 2003, "n'avait jamais présenté de difficultés comportementales" ni "le moindre signe d'alerte".

Depuis les propos de M. Castaner, qui sera l'invité ce dimanche du journal de 13 heures de TF1, le parquet national antiterroriste (PNAT) s'est saisi de l'enquête. Et le procureur antiterroriste a révélé samedi que Mickaël Harpon, employé de la Direction du renseignement de la préfecture de police de Paris (DRPP), "aurait adhéré à une vision radicale de l'islam" et était en contact avec des individus de la "mouvance islamiste salafiste".


Dans une interview au Journal du Dimanche, dont des extraits ont été publiés samedi en ligne, le Premier ministre Edouard Philippe dit avoir "toute confiance en Christophe Castaner, qui a fait état de ce qu'il savait au moment où il s'est exprimé".

L'opposition crie, elle, aux failles du système. Dans la matinée, le chef de file des députés LR Christian Jacob a annoncé qu'il allait demander mardi la création d'une commission d'enquête parlementaire sur cette affaire "très grave", le groupe étant prêt à user de son "droit de tirage" (une fois par session) pour la créer.

Lui emboîtant le pas, la cheffe du Rassemblement national Marine Le Pen a réclamé une commission d'enquête "immédiate", permettant d'établir "l'ensemble des responsabilités, dans ce qui apparaît déjà comme un scandale d'État", ajoutant sur Twitter après les déclarations du procureur : le ministre "doit enfin prendre ses responsabilités et DÉMISSIONNER ! MLP  #CastanerDémission". 



Pour le député LR Eric Ciotti, il y a "forcément un dysfonctionnement". "Comment le ministre de l'Intérieur a-t-il pu se laisser aller à dire 'circulez, il n'y a rien à voir'? Soit il savait et il a voulu dissimuler les faits, ou il ne savait pas et ça veut dire qu'il est totalement incompétent. Mais dans les deux cas, sa crédibilité est aujourd'hui totalement nulle pour assurer la sécurité des Français", a-t-il tonné sur LCI.

Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France), a lui aussi réclamé la démission et à gauche, David Habib (PS) a jugé une commission d'enquête "indispensable".

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