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Assemblée nationale : Richard Ferrand doit-il démissionner ?




Assemblée nationale : Richard Ferrand doit-il démissionner ?
Richard Ferrand, le 10 septembre 2019, à l'Assemblée nationale.

, publié le vendredi 13 septembre 2019 à 07h00

Le président de l'Assemblée nationale est soupçonné de "prise illégale d'intérêts" après que les Mutuelles de Bretagne, qu'il dirigeait à l'époque, ont décidé en 2011 de louer des locaux commerciaux appartenant à sa compagne. Il conteste toute irrégularité.

La macronie a fait bloc jeudi 12 septembre autour d'un de ses piliers, Richard Ferrand, dont la mise en examen pose la question de son maintien à la présidence de l'Assemblée nationale.

M. Ferrand, qui a reçu le soutien du président Emmanuel Macron et d'Édouard Philippe, est "combatif" et "au travail", a indiqué son entourage à l'AFP. 




Le chef de l'État lui maintient "toute sa confiance", avait déclaré la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, dès le début de matinée. C'est "un homme loyal, droit, qui a un parcours politique exemplaire", a-t-elle insisté en demandant de respecter "la présomption d'innocence". 

Sur TF1 jeudi soir, le Premier ministre a exprimé son "amitié réelle" et son "soutien total" à Richard Ferrand, estimant qu'il pouvait "continuer à assurer la présidence de l'Assemblée nationale dans de bonnes conditions". Le chef du gouvernement s'est également dit confiant "dans sa capacité à faire valoir son innocence lorsque il pourra le faire devant un tribunal".

Une première

M. Ferrand est soupçonné de "prise illégale d'intérêts" après que les Mutuelles de Bretagne, qu'il dirigeait à l'époque, ont décidé en 2011 de louer des locaux commerciaux appartenant à sa compagne. Il conteste toute irrégularité.

Cette procédure portée par l'association Anticor, partie civile, reprend le fil d'une première enquête lancée en juin 2017, après des révélations du Canard enchaîné qui avaient poussé M. Ferrand à quitter le gouvernement après un mois à peine. Elle avait été classée sans suite par le procureur de Brest en octobre suivant. Le parquet avait invoqué la prescription pour la prise illégale d'intérêts, et jugé que les infractions d'abus de confiance et d'escroquerie n'étaient pas constituées.

La mise en examen d'un président de l'Assemblée nationale en cours d'exercice est une première. M. Ferrand y a réagi aussitôt en se disant "déterminé à poursuivre (sa) mission". Il a également assuré "rester serein sur l'issue de la procédure, au regard du classement sans suite de l'ensemble des griefs de la première plainte (...), d'autant plus qu'aucun élément nouveau n'a été versé à ce dossier dans lequel il n'y a ni préjudice ni victime".




L'exécutif a fixé comme règle au début du quinquennat qu'un ministre mis en examen doive quitter le gouvernement. Mais en tant que président de l'Assemblée, M. Ferrand n'y est pas soumis, plaide-t-on au sommet de l'État.

"Il n'y a pas de logique politique" à ce qu'il démissionne, a plaidé Sibeth Ndiaye, car "un membre du gouvernement est nommé, un parlementaire est élu ; quand on est président de l'Assemblée nationale, on est élu deux fois". Un argument repris à peu près tel quel par plusieurs ministres.

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