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Pesticides : faut-il mieux protéger les habitations à proximité des cultures ?




Pesticides : faut-il mieux protéger les habitations à proximité des cultures ?
Un agriculteur épand des pesticides sur son champ de pommes de terre le 30 mai 2012 à Godewaersvelde (Nord).

, publié le dimanche 08 septembre 2019 à 07h00

Le gouvernement propose de fixer à 5 ou 10 mètres, selon les cultures, la distance minimale entre les habitations et les zones d'épandage de pesticides, ce que les écologistes et les associations jugent insuffisant. 

"Le gouvernement va soumettre à consultation lundi un projet de décret qui part des recommandations scientifiques de l'Agence nationale de sécurité sanitaire" (Anses), a indiqué samedi à l'AFP un porte-parole du ministère de l'Agriculture. La distance minimale à respecter serait de 10 mètres pour les "substances les plus dangereuses", précise un communiqué commun des ministères de la Transition écologique, de la Santé et de l'Agriculture. Pour les autres produits, elle sera de 5 mètres pour les cultures dites basses, comme les céréales, et de 10 mètres pour les cultures hautes, telles que les vignes.

L'Anses a recommandé en juin de mettre en place des distances de sécurité "au moins égales" à 3, 5 et 10 mètres entre les cultures et les bâtiments habités, selon le type de culture et le matériel utilisé pour la pulvérisation. Des distances "supérieures" devraient être respectées "par mesure de précaution, en particulier pour les produits classés cancérogène, mutagène ou toxique pour la reproduction". 

Pour Hulot, "il faut aller plus loin" 

"Cette décision me paraît insuffisante. On acte, mais il faut aller plus loin", a déclaré l'ancien ministre de l'Écologie Nicolas Hulot samedi, lors d'une conférence au festival "d'éco-mobilisation" Climax à Bordeaux. 

Pour David Cormand, secrétaire national d'Europe Écologie - les Verts, il s'agit d'une décision au "caractère historique ": "c'est la première fois que l'État admet qu'il y a un danger grave pour les gens" après l'épandage. Mais "le problème, c'est le côté anecdotique de la décision qu'ils en tirent", a-t-il déclaré à BFMTV. 




"Cinq ou 10 mètres de distances ne représentent absolument pas une distance susceptible de réduire de manière significative l'exposition des riverains aux pesticides", abonde dans un communiqué François Veillerette, directeur de l'ONG Générations Futures. 

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