La question du jour :

Faut-il davantage de moyens pour lutter contre les violences conjugales ?




Faut-il davantage de moyens pour lutter contre les violences conjugales ?
Anne-Cécile Mailfert, la présidente de la Fondation des femmes, le 16 février 2015 à Paris

, publié le mardi 03 septembre 2019 à 07h00

Le "Grenelle des violences conjugales", organisé à partir de mardi par le gouvernement, doit déboucher sur un "plan Marshall" doté de 500 millions d'euros "au moins", voire un milliard, ont demandé lundi les associations féministes mobilisées sur le sujet.

"Ce qu'on attend, c'est un plan Marshall contre les violences faites aux femmes, ce qu'on attend c'est des résultats", a martelé Anne-Cécile Mailfert, la présidente de la Fondation des femmes, lors d'une conférence de presse réunissant une dizaines d'associations. "Ce qu'on veut, c'est qu'à la fin du Grenelle, tout soit mis en place pour qu'il y ait moins de féminicides en 2020, et même moins de féminicides d'ici la fin de l'année.

Et ça, c'est possible !", a-t-elle ajouté.

Les associations, dont la Fédération nationale solidarité femmes - qui gère le numéro d'écoute 3919 -, Femmes solidaires ou le Planning familial, ont détaillé les mesures concrètes qu'elles souhaiteraient voir annoncer à l'occasion de ce "Grenelle". Elles demandent notamment la création, avant la fin de l'année, d'au moins 2.000 places d'hébergement pour les femmes ayant fui le domicile conjugal, un renforcement de la prévention contre les violences sexistes dès l'école, la création d'instances judiciaires spécialisées, ou encore une meilleure formation des policiers et gendarmes appelés à recueillir les plaintes des femmes victimes.

À la veille de l'ouverture du Grenelle - prévu jusqu'au 25 novembre -, les militantes se sont dites "confiantes". "C'est un moment charnière, voire historique", car l'événement est inédit, a commenté Marie Cervetti, de l'association "Une femme, un toit". "Il y a une prise de conscience au plus haut niveau de l'État qu'il va falloir agir", pense-t-elle. Cependant, les associations se veulent également "vigilantes".

"On ne veut pas un Grenelle des fake news, on va être extrêmement attentives à ce que ce ne soit pas une opération de communication de la part du gouvernement", avertit Anne-Cécile Mailfert. "On souhaite que ce qui va être annoncé (mardi) soit budgété, soit concrètement réalisé. L'attente est énorme. Les 100 femmes qui ont été assassinées (depuis le début de l'année) nous obligent", a-t-elle ajouté.

S'il est très attendu par certaines associations, ce "Grenelle des violences conjugales" - dont le coup d'envoi est prévu à Matignon en présence du Premier ministe Édouard Philippe et de plusieurs ministres - a en revanche été conspué par des militantes féministes non conviées, qui dénoncent une opération de communication gouvernementale.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.