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Homophobie dans les stades : faut-il durcir les sanctions ?




Homophobie dans les stades : faut-il durcir les sanctions ?
Des joueurs de l'équipe de football de Nice discutent avec des supporters après des chants homophobes entendus dans les tribunes lors du match Nice-Marseille, le 28 août 2019.

publié le vendredi 30 août 2019 à 07h00

Décidées à lutter plus fermement contre les injures homophobes dans les tribunes, les instances du foot français sont confrontées au risque d'une surenchère des supporteurs et les acteurs vont devoir trouver des solutions pour sortir de l'engrenage de provocations et sanctions.

"C'est normal qu'il y ait des frictions, mais je veux croire à une issue positive", a assuré jeudi à l'AFP le président d'un club luttant contre l'homophobie, le PanamBoyz and Girlz United, Bertrand Lambert. "A force de voir des tribunes fermées, des matchs interrompus, ça va montrer aux supporteurs que ça ne peut plus continuer et aux clubs qu'il faut faire quelque chose.

Mais il va falloir se mettre autour de la table et se parler", a-t-il ajouté, en précisant qu'une rencontre était prévue le 5 septembre entre des associations de lutte contre l'homophobie et l'Association nationale des supporteurs (ANS), en présence de la Ligue de football professionnel (LFP).

L'initiative est saluée par la ministre des Sports, Roxana Maracineanu, qui avait rouvert le sujet après avoir jugé "insupportables" les insultes entendues en tribune lors d'un PSG-OM, le 17 mars.

Mais mercredi soir, on était encore loin de l'apaisement. Au moment où la commission de discipline de la LFP prononçait des sanctions pour les incidents de rencontres précédentes, les mêmes chants traitant l'adversaire de "pédé" étaient entonnés à l'Allianz Riviera, où Nice recevait Marseille.

Plusieurs banderoles jouant sur les mots avaient été brandies. Exemple : "Bienvenue au groupe Ineos (nouveau propriétaire de l'OGC Nice déjà présent dans le cyclisme) à Nice aussi on aime la pédale", avec ce dernier mot en lettres arc-en-ciel, le symbole LGBT. Résultat, le match a été interrompu une dizaine de minutes pour chants et banderoles homophobes, avec un air de déjà-vu et le sentiment que le scénario se reproduira ce week-end.

Le parquet de Nice a ouvert une enquête judiciaire jeudi pour "injures publiques en raison de l'orientation sexuelle", a appris l'AFP auprès du procureur Jean-Michel Prêtre.

"On a ouvert une boîte de Pandore et il y aura encore des réactions épidermiques", estime James Rophe, porte-parole de l'ANS. La faute, selon lui, à la précipitation du gouvernement et de la Ligue. "On est passé de 'Personne ne dit rien' à 'Il faut tout arrêter', sans dialogue avec les supporteurs et sans travail de définition", ajoute-t-il, alors que selon lui, "le travail est forcément long".

Les ultras critiquent déjà une politique qu'ils jugent trop sécuritaire et demandent de manière récurrente d'assouplir les interdictions de fumigènes et les restrictions de déplacements pour assister aux rencontres.

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