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Comprenez-vous le maintien de François de Rugy à son poste ?




Comprenez-vous le maintien de François de Rugy à son poste ?
François de Rugy à l'Élysée, le 10 juillet 2019.

, publié le vendredi 12 juillet 2019 à 07h00

Le ministre de la Transition écologique reste pour l'heure au gouvernement et s'engage le cas échéant à "rembourser chaque euro contesté" après les révélations de "Mediapart" sur des dîners quand il était président de l'Assemblée nationale et des travaux dans son ministère, qui plongent la majorité dans l'embarras.

Jeudi 11 juillet dans la soirée, le ministre s'est retrouvé empêtré dans une nouvelle affaire révélée par Mediapart : celle de la location d'un appartement à Orvault, près de Nantes et qui serait "à loyer social préférentiel", au prix de 622 euros par mois. Il a dû se défendre sur son compte Facebook, alors que, pour Mediapart, le ministre "est toujours locataire d'un appartement à vocation sociale en dépit du fait d'être l'un des élus les mieux rémunérés de la République".

Au cœur d'une polémique depuis deux jours, le ministre de la Transition écologique a été reçu jeudi après-midi à Matignon, après avoir écourté un déplacement dans les Deux-Sèvres.

L'exécutif, qui cherche à éviter une polémique estivale dévastatrice, un an après le déclenchement de l'affaire Benalla, montre ainsi qu'il s'est activement emparé de ce dossier, vingt-quatre heures après que la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye eut assuré que François de Rugy conservait "bien évidemment la confiance" d'Emmanuel Macron et de son Premier ministre.


Rappelant que "tout responsable public est astreint à la double exigence de transparence et d'exemplarité", et évoquant une "émotion légitime" des Français, Matignon a annoncé avoir demandé au secrétariat général du gouvernement de diligenter une inspection afin de vérifier que les travaux entrepris dans son logement de fonction ministériel se conformaient au "respect des règles".

François de Rugy, qui s'était fait élire au Perchoir en juillet 2017, s'est par ailleurs dit prêt à soumettre à "une autorité de contrôle de l'Assemblée" nationale les frais engagés pour des dîners lorsqu'il en était président, a précisé Matignon. "S'il y a des erreurs d'appréciation de ma part, je serai tout prêt également à les corriger. C'est normal, ce sont les comptes que l'on doit rendre aux Français", a déclaré l'intéressé depuis les Deux-Sèvres. En ajoutant "comprendre que les Français puissent être un peu choqués par certaines images", tout en dénonçant "une présentation très malveillante" de Mediapart.

Le site d'information a publié plusieurs articles depuis mercredi : un premier évoquant, photos de homards et de grands crus à l'appui, des dîners fastueux organisés à l'Hôtel de Lassay, lorsqu'il était président de l'Assemblée nationale. L'image a marqué, et dans les Deux-Sèvres des manifestants ont accueilli le ministre avec un homard en plastique géant. Le feuilleton s'est poursuivi jeudi avec un autre article concernant des travaux réalisés par le ministre dans son logement de fonction à l'Hôtel de Roquelaure, pour un montant de 63.000 euros.

Entre-temps, Mediapart a tiré une nouvelle salve mercredi soir avec des informations concernant un logement HLM à Paris occupé par la directrice de cabinet du ministre Nicole Klein depuis 2001 et conservé de 2006 à 2018, alors qu'elle n'habitait plus la capitale. Au point que "François de Rugy a mis fin à ses fonction de directrice de cabinet", a indiqué jeudi le ministère, confirmant des informations de Ouest-France.

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