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Alimentation : faites-vous confiance au bio ?




Alimentation : faites-vous confiance au bio ?
Le bio représente désormais 5% des achats alimentaires des Français (illustration)

, publié le jeudi 06 juin 2019 à 07h00

Alors que les Français consomment de plus en plus de bio, le magazine 60 Millions de consommateurs met en garde contre un "secteur loin d'être sans faille".

Selon les chiffres révélés mardi 4 juin par l'Agence Bio, le bio représente désormais 5% des achats alimentaires des Français, avec près de 10 milliards d'euros de chiffre d'affaires.  L'Agence Bio note également le renforcement du poids de la grande distribution, qui commercialise désormais la moitié des produits bio, alors que jusqu'à l'an passé, les commerces spécialisés menaient la danse.

"À l'heure où les scandales alimentaires s'enchaînent, le logo fait figure de Graal. Pourtant il est loin d'être sans failles", a mis en garde mercredi le magazine 60 Millions de consommateurs, citant plusieurs dérives, comme l'exploitation de travailleurs immigrés dans les champs ou l'utilisation de l'huile de palme, autorisée malgré le fait que sa culture participe à la déforestation. Or, "en optant pour le bio, le consommateur devrait avoir la garantie d'acheter responsable d'un point de vue aussi bien nutritionnel qu'écologique ou éthique", souligne la rédactrice adjointe du magazine, Christelle Pangrazzi.




Le magazine a testé 130 produits : du lait, du muesli, de la pâte à tartiner, des pommes, mais aussi du vin, de la viande ou du poisson. Ainsi, certains œufs et laits contiennent plus de polluants en bio que leurs homologues conventionnels, ou bien encore des huiles d'olive bio recèlent des plastifiants, notamment des phtalates. Enfin, précise le magazine, "gâteaux, pâtes à tartiner ou plats préparés bio renferment tout autant de sucres, de gras et de sel que des produits non-bio".

"Manger exclusivement bio est une utopie"

Le magazine, édité par l'Institut national de la consommation (INC), pointe également plusieurs points à améliorer : l'utilisation des engrais et pesticides, l'exploitation intensive, l'impact carbone négatif des fruits hors-saison, la vente sous plastique de certains fruits et légumes bio etc.

En outre, ajoute le hors-série, "rien n'interdit à l'agriculteur (bio) de s'installer sur un sol contaminé ou à proximité d'une source de pollution (dioxines, PCB)". Une assertion que la Fédération nationale de l'agriculture biologique (FNAB) a relevé mercredi matin : "alors que le label bio impose aux paysans et paysannes des exigences fortes de production, leurs animaux, leurs fruits, leurs légumes sont exposés à la pollution qui nous entoure, plus que des animaux élevés en batterie ou des fruits et légumes hors sol", indique t-elle dans une déclaration à l'AFP. "La lutte contre la pollution de l'air, des sols et de l'eau doit devenir une priorité du gouvernement pour nous assurer à tous un environnement sain et durable". 

Enfin, le magazine rappelle que "manger exclusivement bio est une utopie, pour des raisons économiques, mais aussi parce que toutes les denrées ne sont pas disponibles

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