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General Electric : l'Etat doit-il intervenir?




General Electric : l'Etat doit-il intervenir?
Un employé de l'usine General Electric de Belfort

, publié le jeudi 30 mai 2019 à 00h15

Emmanuel Macron et le gouvernement affrontent les critiques de l'opposition et des syndicats de General Electric, après l'annonce par le groupe industriel de la suppression de plus d'un millier d'emplois en France.

Le gouvernement "doit mettre General Electric devant ses responsabilités" en matière d'emploi. Telle est la position du le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger, qualifiant de "catastrophe" l'annonce de la suppression de plus d'un millier d'emplois en France à l'usine General Electric de Belfort.

"C'est une catastrophe pour un bassin d'emploi", a commenté le responsable syndical après l'annonce par le groupe américain que jusqu'à 792 suppressions de postes pourraient intervenir dans son entité gaz de Belfort, et 252 dans celle dédiée aux "fonctions support". "Il faut que General Electric assume sa responsabilité, ce qu'elle n'a pas fait sur l'anticipation de sa filière gaz" et de son évolution, a estimé Laurent Berger, notant que c'est "une entreprise où il y a beaucoup d'expertise, beaucoup de compétences" et réclamant que l'entreprise "assume son rôle, notamment de maintien d'une activité industrielle" sur le site de Belfort.


Côté gouvernement, Bruno Le Maire a annoncé qu'il se rendrait la semaine prochaine à Belfort pour rencontrer les responsables syndicaux de General Electric et étudier des pistes pour "réindustrialiser le site".

Répondant à l'Assemblée nationale à une question de Danièle Obono (LFI, Paris), le ministre de l'Economie a également indiqué qu'il s'entretiendrait jeudi au téléphone avec le président de General Electric Larry Culp et qu'il lui "demanderait d'améliorer son plan social". "Je vais me battre pour chaque emploi. (...) Je ne baisse pas les bras", a-t-il assuré dans une interview accordée à plusieurs titres de la presse régionale.

Le patron de Bercy ne comptait toutefois pas pour autant s'opposer à la décision de GE sur le fond: "Je ne vais (...) pas laisser croire que nous pourrions empêcher la restructuration d'une activité dont les commandes ont fortement baissé au cours des dernières années. C'est la réalité...". "La réalité, c'est que GE vendait une centaine de turbines à gaz en 2008. Elle en a vendu 29 en 2018", a-t-il insisté, notant qu'il n'avait jamais "vendu d'illusions" depuis qu'il est à Bercy.

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