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1er-Mai : la réponse policière a-t-elle été à la hauteur ?




1er-Mai : la réponse policière a-t-elle été à la hauteur ?
Des membres des forces de l'ordre à Paris mercredi 1er mai.

Orange avec AFP-Services, publié le jeudi 02 mai 2019 à 07h00

Alors que les plus radicaux promettaient une journée apocalyptique à Paris, les violences ont pu être contenues dans la capitale. Si Christophe Castaner a salué la doctrine du maintien de l'ordre mis en pratique ce 1er mai, syndicats et oppositions dénoncent une réponse policière inadaptée. 

Plus de 7.400 policiers et gendarmes étaient mobilisés mercredi à Paris pour assurer le maintien de l'ordre lors d'un 1er mai à haut risque.

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner annonçait mardi 30 avril la venue dans le cortège parisien de 1.000 à 2.000 "blacks blocs". Si des heurts ont effectivement émaillé le cortège parisien et si des centaines de "blacks blocs" étaient bien présents dans les rangs des manifestants, le chaos a toutefois été évité lors de cette Fête du travail. 



Selon Christophe Castaner, "800 à 1.000 personnes étaient venues pour en découdre". "Tout au long du parcours, des gens sont venus pour casser, brûler, attaquer et qui ont volé aux organisations syndicales leur fête internationale du travail et leur mobilisation", a martelé le ministre de l'Intérieur lors d'un déplacement à l'hôpital de la Pitié Salpêtrière mercredi soir. Il a également salué auprès du préfet de police de Paris Didier Lallement la "doctrine de percution immédiate" mise en place dans la capitale pour "empêcher, disperser de façon systématique" les "black blocs" dès leur constitution.  "C'est une journée qui a fait des blessés, qui a fait assez peu de dégâts" à Paris et dans les grandes villes de province, a encore dit le ministre.  


"Incapacité à doser l'usage de la force"

Les syndicats CGT et Solidaires, mais également plusieurs responsables politiques d'opposition, ont quant à eux vivement critiqué le dispositif sécuritaire mis en place mercredi à Paris pour répondre aux violences des radicaux.  Pour Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT, "il y a un problème" avec le préfet de police Didier Lallement et le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner. Le patron de la CGT exfiltré de la manifestation alors qu'il se trouvait entre les "black blocs" et les forces de l'ordre, a affirmé que la police avait pris pour cible des représentants de la CGT. La police a "tiré des gaz lacrymogènes sur la CGT", alors que les militants syndicaux étaient "très identifiables", a-t-il dénoncé en fin de journée sur BFMTV. Lui-même confie avoir dû "reculer", car "vous savez, les gaz lacrymogènes, malgré le 1er mai, ne sont pas parfumés au muguet".


Plus tôt, la CGT avait dénoncé dans un communiqué "une répression inouïe et sans discernement" de la part des forces de l'ordre, en réponse aux "actes de violence de certains". 

Eric Beynel, porte-parole de Solidaires, a accusé de son côté la police d'avoir "essayé de voler" le 1er mai aux organisations syndicales. "On n'a pas arrêté d'être harcelés par les forces de l'ordre. J'ai dû répondre à une interview avec un masque à cause des gaz lacrymogènes" juste avant le départ de la manifestation parisienne, a-t-il raconté à l'AFP. 

Plusieurs responsables d'opposition ont également imputé au gouvernement la responsabilité des heurts. Pour la présidente du RN Marine Le Pen, le mouvement des gilets jaunes est "victime" des images de violence, ce qui "arrange" l'exécutif. "C'est le gouvernement qui exclusivement porte la responsabilité des violences qui se déroulent aujourd'hui", a-t-elle accusé. Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France (DLF), a dénoncé de son côté un "laxisme d'Etat".


Du côté de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon a fustigé "une forme d'incompétence, d'incapacité à doser l'usage de la force de la part de monsieur Castaner". 



"Le gouvernement peut se frotter les mains", a twitté de son côté l'élu parisien Ian Brossat, tête de liste PCF aux Européennes.



"On ne parle pas des 240 défilés qui se sont déroulés dans le calme partout en France, plus fournis que l'an dernier. On ne parle pas de la colère sociale, des salaires et des délocalisations. Lamentable", a-t-il ajouté.

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