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Faut-il supprimer l'ENA?




Faut-il supprimer l'ENA?
Emmanuel Macron, à Agen, le 6 mars 2018
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Orange avec AFP-Services, publié le mercredi 24 avril 2019 à 07h00

L'école nationale d'administration (ENA) pourrait faire les frais des annonces prochaines d'Emmanuel Macron. Son directeur a pris la plume pour "rétablir quelques vérités" face à la polémique.

Le directeur de l'ENA, Patrick Gérard, a rédigé une tribune pour défendre son école, sur laquelle plane la rumeur d'une fermeture décidée par le chef de l'Etat. Tout en se défendant de vouloir "participer au débat actuel sur l'avenir de l'ENA, qui sera tranché par le président de la République", Patrick Gérard estime de son "devoir de rétablir quelques vérités" face aux critiques visant l'école. Elles "choquent voire blessent profondément ses élèves et ses personnels", souligne-t-il, dans un article à paraître dans Le Figaro, mercredi 25 avril.
 


"Non, les élèves de l'ENA ne sont pas mus par le désir de compliquer la vie de leurs concitoyens", commence-t-il, jugeant ses étudiants "sincèrement soucieux de s'engager pour leur pays, pour l'intérêt général et le bien commun". "Non, les élèves de l'ENA ne sont pas tous 'des jeunes de 25 ans" mais ont un "âge moyen de 31 ans et demi" à la sortie de l'école et y entrent après "plusieurs années d'expérience professionnelle" ou "après des études supérieures plus longues qu'autrefois", explique t-il encore. 

"L'actuelle promotion Molière ne compte aucun enfant d'énarque, de ministre ou de parlementaire"

Le patron de l'ENA conteste également que les étudiants y entrent "par favoritisme" puisqu'il passent "un concours exigeant".

La création de l'école en 1945, rappelle-t-il aussi, visait précisément à mettre fin à "un système de cooptation" des hauts fonctionnaires. Et "l'actuelle promotion Molière ne compte aucun enfant d'énarque, de ministre ou de parlementaire", fait-il valoir.Pour autant, concède Patrick Gérard, "on peut regretter que seuls 19 % des élèves actuels aient un parent ouvrier, commerçant, employé, agriculteur, artisan ou chômeur" et "il faut encore mieux faire". Selon lui aussi, la scolarité a été "profondément rénovée" et "les élèves de l'ENA ne sont pas coupés des réalités de leur époque", œuvrant notamment "en faveur de personnes défavorisées" à Strasbourg où l'école est installée depuis les années 90.
 

Seuls 2,5% des anciens élèves de l'ENA exercent "une fonction ou un mandat politique" comme c'est le "cas aujourd'hui de 15 députés sur 577", ajoute-t-il. L'ENA, assure encore Patrick Gérard, "n'a pas le monopole de la haute fonction publique" puisque "plus de la moitié" des ambassadeurs, préfets ou recteurs n'en sont pas issus.La suppression de la prestigieuse école est une des mesures qui pourrait être annoncée par Emmanuel Macron jeudi 25 avril, lors d'une conférence de presse en guise de "rattrapage" de son allocution avortée du 15 avril. Le président de la République avait reporté son intervention en raison de l'incendie de Notre-Dame de Paris. En un peu plus de 70 ans, l'ENA a formé en un peu plus de 70 ans quelque 7.000 hauts fonctionnaires français et accueilli plus de 3.700 élèves étrangers, venus de 134 pays. Quatre présidents de la Ve République (Emmanuel Macron, François Hollande, Jacques Chirac et Valéry Giscard d'Estaing), en sont diplômés.

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