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Naturalisation : faut-il relever le niveau de langue exigé ? 




Naturalisation : faut-il relever le niveau de langue exigé ? 
Edouard Philippe lors d'une cérémonie de naturalisations au Panthéon, le 21 mars 2019 à Paris.

Orange avec AFP-Services, publié le vendredi 22 mars 2019 à 07h00

Le Premier ministre Édouard Philippe a annoncé jeudi l'instauration de nouvelles "mesures visant à renforcer l'exigence du niveau de Français des candidats" à la naturalisation. 

Le niveau de français exigé pour obtenir la nationalité va être relevé. C'est ce qu'a annoncé le Premier ministre Édouard Philippe jeudi 21 mars lors d'une cérémonie de naturalisations au Panthéon à Paris.

La procédure ira plus vite pour ceux qui remplissent les critères, a-t-il ajouté. "Le ministre de l'Intérieur me proposera d'ici l'été des mesures visant à renforcer l'exigence du niveau de Français des candidats" à la naturalisation. Une telle disposition est déjà appliquée aux cartes de séjour, pour lesquelles le niveau de maîtrise de la langue a été "rehaussé", a poursuivi le Premier ministre. 



"En revanche, pour ceux qui remplissent les conditions de manière manifeste, les démarches doivent aller plus vite" par exemple en "dématérialisant" un certain nombre de procédures, a assuré Édouard Philippe.

Le Premier ministre remettait leur décret de naturalisation à 274 personnes. "La France ne vous demande pas d'oublier qui vous êtes, ni d'où vous venez" mais "de partager et de respecter ses principes et ses traditions" parmi lesquelles le principe de laïcité qui "n'est pas négociable", a-t-il affirmé. 

122.000 demandes d'asile en 2018 

Alors que l'antisémitisme connaît aujourd'hui "un regain insupportable", il a martelé que "ceux qui professent des thèses racistes et antisémites ne sont pas dignes de devenir des citoyens français et ne le seront jamais".

Dans un contexte de baisse de 7% du nombre de naturalisations l'an dernier (77.778), le Premier ministre a rappelé que "près de 30% des demandes" sont rejetées pour "non-respect" des obligations. "Ceux qui affirment que la France souffrirait d'un système trop laxiste se trompent, et choisissent délibérément de tromper", a-t-il affirmé.


Plaidant pour "la même logique" qu'en matière d'asile et d'immigration, il a défendu "un principe d'ouverture et de qualité de l'accueil" pour ceux qui ont droit au séjour et de "grande fermeté républicaine" pour les autres.  "Nous devons aussi nous interroger, sans fausse pudeur et sans naïveté, sur les raisons qui poussent le nombre de demandeurs d'asile à augmenter en France alors qu'il baisse en Europe", a-t-il affirmé. La France a reçu 122.000 demandes d'asile l'an dernier (+22 % sur un an).

Le droit d'asile est "un trésor national" et "pour le protéger, nous devons lutter sans merci contre ce qui est peut être considéré comme des détournements du droit d'asile", a assuré Édouard Philippe. 

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