La question du jour :

Faut-il rapatrier les enfants de jihadistes français ?




Faut-il rapatrier les enfants de jihadistes français ?
Des femmes et des enfants évacués de Baghouz (Syrie), dernier village contrôlé par l'EI, le 22 février 2019.

Orange avec AFP-Services, publié le jeudi 14 mars 2019 à 07h00

Le retour des enfants de jihadistes français détenus en Syrie réclamé notamment par certains proches et des avocats, n'est "pour l'instant" pas envisagé, a affirmé le secrétaire d'État à l'Intérieur Laurent Nuñez, mercredi.

L'épineuse question du retour des jihadistes français et de leurs familles détenus en Syrie se pose depuis plusieurs semaines dans le débat public avec l'annonce du retrait américain de la zone. Plusieurs scénarios ont été étudiés par les autorités françaises, dont celui d'un transfert de ces personnes détenues vers la France, mais Emmanuel Macron a semble-t-il tranché le débat en affirmant le 26 février qu'il n'y avait "pas de programme de retour des jihadistes".

Se pose également la question du sort des enfants de ces Français détenus sur place. Trois avocats français ont déposé fin février plainte devant le comité des droits des enfants de l'ONU pour dénoncer l'inaction de l'État français à l'égard de ces derniers. L'un d'entre eux a lancé en début de semaine une pétition pour réclamer leur retour. Un texte défendu par de nombreuses personnalités. 

"Il n'y a pas de retour envisagé"

Mais leur retour n'est "pour l'instant" pas envisagé a affirmé mercredi 13 mars le secrétaire d'État à l'Intérieur Laurent Nuñez. "Les FDS (Forces démocratiques syriennes) ont fait le choix que les enfants restent avec leur mère donc pour l'instant il n'y a pas de retour envisagé", a-t-il déclaré lors d'une audition de la commission des Affaires européennes de l'Assemblée. "Les enfants sont dans la majorité des cas détenus avec leurs parents en tout cas avec leur mère. La question du retour ne se pose pas à l'heure actuelle", a complété M. Nuñez.

Selon M. Nuñez, il y a pu avoir "ces dernières semaines", "des retours au compte goutte" d'enfants accompagnant des adultes de retour de Syrie. Ces enfants font alors l'objet d'un suivi "dès le retour sur le territoire national" avec l'aide social à l'enfance (ASE) et sont placés dans des familles d'accueil. "Ce sont des enfants comme les autres mais qui ont subi des traumatismes importants", a commenté Laurent Nuñez.

Sur BFMTV, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a également évoqué la situation des orphelins de jihadistes français tués en Syrie et qui constitue "une vraie difficulté".



En Syrie, ces enfants "ne sont pas sous l'autorité du gouvernement français, des soldats français. Il ne m'appartient pas de dire tel ou tel enfant est français et je vais le chercher. Ce n'est juste pas possible", a souligné M. Castaner. 
 

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