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Approuvez-vous la privatisation d'Aéroports de Paris?




Approuvez-vous la privatisation d'Aéroports de Paris?
Des avions d'Air France, stationnés à l'aéroport de Roissy-Charles de Gaule

Orange avec AFP-Services, publié le jeudi 07 mars 2019 à 07h00

Le ministre de l'Économie Bruno Le Maire défend un projet qui permettrait à l'État de se désendetter, et de faire d'Aéroports de Paris un "leader mondial" du secteur, au grand dam de l'opposition.

La commission spéciale de l'Assemblée nationale sur la loi "Pacte" a donné mercredi 6 mars un nouveau feu vert à la privatisation d'Aéroports de Paris (ADP) avant l'examen du texte en nouvelle lecture dans l'hémicycle.  En première lecture, début octobre, l'Assemblée nationale avait déjà autorisé la privatisation du groupe aéroportuaire, au grand dam de l'opposition qui avait dénoncé une atteinte au patrimoine national. Le Sénat s'y est cependant opposé début février au terme d'un débat houleux en invoquant des arguments économiques autant que des questions de souveraineté ou de sécurité.

L'opposition dénonce une "faute stratégique"

 "Nous avons l'occasion de faire d'ADP un leader mondial tout en désendettant l'État et en finançant les innovations futures. Saisissons cette opportunité", a plaidé le ministre de l'Économie Bruno Le Maire.

Le texte, dont la commission spéciale a rétabli mercredi les principales dispositions tout en conservant certaines garanties apportées par le Sénat, sera examiné en nouvelle lecture à partir du 13 mars dans l'hémicycle.

ADP, l'un des principaux groupes aéroportuaires mondiaux, bénéficie d'un droit d'exploitation exclusif et sans limitation de durée des aéroports de Paris-Charles-de-Gaulle, Paris-Orly, Paris-le-Bourget ainsi que de dix aérodromes en Île-de-France. Le projet de loi "Pacte" pour la croissance des entreprises prévoit la suppression de l'obligation pour l'État de détenir la majorité du capital d'ADP, ouvrant ainsi la voie à sa privatisation. La durée d'exploitation concédée sera limitée à 70 ans.


Comme en première lecture, les opposants de droite et de gauche ont dénoncé "un mauvais projet", une "faute stratégique", "une aberration économique", voire "un abandon de souveraineté nationale", les aéroports représentant des frontières du pays. "On va céder les bijoux de famille", a lancé Arnaud Viala (LR).

"Pourquoi tuer la poule aux œufs d'or ?", a approuvé le communiste Sébastien Jumel, en référence à la rentabilité actuelle de l'entreprise."Vous jouez les apprentis sorciers", a dénoncé le socialiste Boris Vallaud évoquant "un énorme gâchis". "On s'apprête peut-être à faire un cadeau à des copains. Si c'est Vinci (acteur mondial des métiers des concessions et de la construction) qui bénéficie d'ADP, ce sera un scandale d'État", a affirmé l'insoumis François Ruffin.

Le produit des cessions d'actifs d'ADP doit notamment servir à financer des projets innovants dans les nouvelles technologies.

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