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"Hijab de sport" : comprenez-vous la polémique ?




"Hijab de sport" : comprenez-vous la polémique ?
Une footballeuse égyptienne (illustration).

Orange avec AFP-Services, publié le mercredi 27 février 2019 à 07h00

Decathlon a annoncé renoncer à commercialiser son "hijab de running", après une journée de controverse en France sur le port d'un tel vêtement dans l'espace public.

"Nous prenons effectivement décision en toute responsabilité en ce mardi soir, de ne pas commercialiser à l'heure qu'il est ce produit en France", a annoncé Xavier Rivoire, directeur de la communication de l'enseigne sportive, mardi soir sur RTL.

Plus tôt dans la journée, Xavier Rivoire avait pourtant affirmé à assumer "complètement le choix de rendre le sport accessible pour toutes les femmes dans le monde". "L'engouement pour le produit a fait que nous nous sommes posé la question de le rendre disponible" ailleurs qu'au Maroc, avait expliqué Xavier Rivoire, soulignant que "ce couvre-tête laisse le visage libre et visible".

Responsable du jogging chez Kalenji, la gamme de course à pied de l'enseigne, Angélique Thibault, qui a conçu le "Hijab Kalenji", se disait "mue par la volonté que chaque femme puisse courir dans chaque quartier, dans chaque ville, dans chaque pays, indépendamment de son niveau sportif, de son état de forme, de sa morphologie, de son budget.

Et indépendamment de sa culture".

Une vive polémique

"L'intangible volonté de Decathlon, c'est justement de rendre le sport accessible à tous. Et cette émancipation par le mouvement, par la pratique de l'activité physique nous l'avons offerte à ces sportives marocaines", a ajouté de son côté Xavier Rivoire sur RTL.

L'annonce de la commercialisation de ce "hijab" de sport avait suscité une vive polémique en France, jusqu'aux plus hautes sphères. "C'est une vision de la femme que je ne partage pas. J'aurais préféré qu'une marque française ne promeuve pas le voile", avait regretté la ministre de la Santé Agnès Buzyn sur RTL.

L'annonce de Decathlon a été saluée par Nadine Morano. "Les islamistes ont gangrené partout dans nos quartiers [...] pour imposer une soumission de la femme", s'est indignée l'eurodéputée Les Républicains sur le plateau de BFMTV.



La députée LREM du Val d'Oise Fiona Lazaar a, de son côté, regretté la décision. "Dommage que Decathlon cède aux appels au #boycott (illégaux), aux menaces racistes et à l'islamophobie la plus décomplexée. On est en droit d'être contre le voile, mais jamais de menacer quiconque le porte, souhaite le porter ou ici, simplement, le commercialiser", dénonce-t-elle sur Twitter. 

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