La question du jour :

Le bénévolat en échange du RSA, est-ce une bonne idée ?




Le bénévolat en échange du RSA, est-ce une bonne idée ?
La ministre du Travail Muriel Pénicaud quitte le palais de l'Élysée le 30 janvier 2019 à Paris.
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Orange avec AFP-Services, publié le jeudi 21 février 2019 à 07h00

La ministre du Travail Muriel Pénicaud a défendu mercredi l'idée de proposer aux bénéficiaires du RSA du bénévolat. Des heures qu'il ne faudrait pas imposer, a insisté la ministre.

Du bénévolat en échange du revenu de solidarité active (RSA) ? Dans le Haut-Rhin, certains allocataires effectuent des heures de bénévolat.

D'abord attaquée par le préfet devant la justice administrative, la mesure du conseil départemental du Haut-Rhin a été validée en juin 2018 par le Conseil d'État.

Invitée mercredi 20 février sur BFMTV et RMC, la ministre du Travail Muriel Pénicaud était interrogée sur une possible généralisation du dispositif, qui s'effectue sur la base du volontariat, rapporte Le Figaro. Si la ministre s'est déclarée contre les "mesures punitives", elle s'est positionnée en faveur d'une telle mesure. "Je suis pour le proposer systématiquement à ceux qui le peuvent", et de préciser qu'il ne faut surtout "pas l'imposer". "Ce qui ne marche pas ce sont les contreparties punitives", a insisté Muriel Pénicaud. 



Le RSA, "une trappe à pauvreté"

"Beaucoup de bénéficiaires sont preneurs", a poursuivi la ministre, préoccupée par le faible retour à l'emploi pour les personnes bénéficiaires du RSA. "Aujourd'hui, quand on tombe au RSA (...), il n'y en a que un sur cinq qui retrouve un emploi dans l'année. C'est une trappe à pauvreté", a déploré Muriel Pénicaud. "Quand on n'a pas de travail depuis longtemps, se remettre dans un cadre de travail n'est pas évident. Qu'il y ait une première étape qui soit proposée et qu'on puisse faire du travail bénévole pendant quelques heures, pourquoi pas. (...) Il faut une activité tremplin quand on est au chômage depuis longtemps". 

Invitée sur Radio Classique, la secrétaire d'État auprès de la ministre de la Santé Christelle Dubos a tenu des propos similaires mercredi matin. "La seule chose que je sais, c'est que je ne veux pas de contreparties punitives. Je veux que ce soient des contreparties qui permettent aux personnes bénéficiant des minima sociaux de pouvoir sortir et aller vers de l'insertion sociale et professionnelle", a dit la secrétaire d'Etat. 

Édouard Philippe plaide en faveur de ces contreparties


Des contreparties contre les aides sociales ? Le débat refait surface ces derniers jours. Vendredi, en déplacement dans le Finistère dans le cadre du grand débat, le Premier ministre avait jugé "explosif" l'idée de débattre de contreparties aux aides sociales. Toutefois, "il faut qu'on s'interroge sur ces contreparties, il faut que l'on regarde ce qu'on peut réfléchir avec nos concitoyens comme contrepartie au versement obligatoire", avait-il alors déclaré. 

"Se poser la question des contreparties aux versements - soit liés à l'aide sociale, soit liés à la solidarité, soit liés à des politiques publiques qui permettent d'accompagner le développement de tel ou tel acteur, y compris économique - est une bonne question", a-t-il défendu mardi à l'Assemblée nationale. "Il n'est pas scandaleux, je le dis comme je le pense, de poser la question des droits et des devoirs", a-t-il lancé face à des députés de la gauche hostiles. L'idée des "contreparties" en échange des aides sociales divise au sein même des rangs de la majorité. 

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