La question du jour :

Faut-il supprimer les niches fiscales ?




Faut-il supprimer les niches fiscales ?
Bruno Le Maire le 12 février 2019 à Bruxelles.
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Orange avec AFP-Services, publié le mercredi 20 février 2019 à 07h00

Le ministre de l'Économie Bruno Le Maire se dit "totalement opposé" à la suppression des niches fiscales. Plusieurs membres de la majorité et du gouvernement envisageaient pourtant cette piste afin de renforcer l'égalité fiscale en France.

"J'y suis totalement opposé, comme je suis opposé à toute augmentation d'impôt", a déclaré Bruno Le Maire mardi 19 février sur RTL.

Le ministre de l'Économie et des finances a notamment pris l'exemple des crédits d'impôt pour l'emploi à domicile, indispensables selon lui au fonctionnement de l'économie hexagonale. "Les emplois à domicile, c'est des centaines de milliers d'emplois sur notre territoire, c'est une aide à toutes les personnes qui travaillent (...) Ne touchons pas à ce qui marche dans notre pays", a-t-il ajouté.



Dissonances au sein du gouvernement 

Le ministre de l'Action et des Comptes publics Gérald Darmanin avait proposé début février de raboter les niches fiscales pour les Français les plus aisés, soit en introduisant des "conditions de ressources" soit en diminuant leur "plafond global".

L'objectif, c'est de faire en sorte qu'elles "profitent aux classes moyennes" plutôt "qu'aux plus aisés", avait justifié le ministre, selon qui les 10 % de Français les plus riches accaparent 50 % des 14 milliards d'euros de crédits d'impôt sur le revenu. Face aux inquiétudes, Gérald Darmanin avait toutefois exclu de toucher aux crédits d'impôt pour l'emploi à domicile et la garde d'enfant, principale niche fiscale pour les ménages, avec un coût de 6,5 milliards d'euros.

Emmanuel Macron contre la suppression des niches fiscales ? 

"La ligne rouge du ministre des Finances, elle est très claire : c'est l'augmentation des impôts ou la création de nouvelles taxes", a prévenu Bruno Le Maire, alors que l'opposition LR s'est inquiétée de la proposition de Gérald Darmanin, qui pourrait entraîner selon elle une hausse de la pression fiscale sur les ménages. Selon une information de Franceinfo publiée vendredi 8 février, Emmanuel Macron s'était également opposé à cette idée lors du conseil des ministres. 


Au total, 474 niches fiscales existent aujourd'hui en France. Certaines, comme le Crédit impôt recherche, concernent les entreprises. D'autres, comme le dispositif Pinel, concernent les ménages. Leur coût total s'élève d'après Bercy à près de 100 milliards. 

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