La question du jour :

Doit-il y avoir des "contreparties" aux aides sociales ?




Doit-il y avoir des "contreparties" aux aides sociales ?
La CAF de Gironde (photo d'illustration).

Orange avec AFP-Services, publié le samedi 16 février 2019 à 07h00

Dans le Haut-Rhin, le Conseil départemental avait décidé de conditionner le versement du RSA à 7 heures hebdomadaires de bénévolat.

Le Premier ministre Édouard Philippe s'est dit favorable à un débat sur la mise en place de "contreparties" aux aides sociales en France.

"Moi, ma conviction personnelle c'est que compte tenu de l'importance de nos mécanismes de solidarité, compte tenu de nos finances publiques, compte tenu de la situation d'un pays qui est en croissance mais qui reste avec un taux de chômage élevé, il faut que l'on regarde ce qu'on peut réfléchir avec nos concitoyens comme contrepartie au versement obligatoire", a déclaré le chef du gouvernement, reconnaissant de lui-même "un sujet explosif".



Le Premier ministre participait vendredi 15 février, dans le cadre du "grand débat", à une réunion avec des élus locaux et des dirigeants de PME à Plomordiern, un petit bourg du Finistère. Il a été interrogé à de nombreuses reprises sur les difficultés de recrutement, des cas de refus de CDI ou sur l'incitation financière jugée trop faible à travailler.

Des activités d'intérêt général en contrepartie ?

"C'est indispensable d'avoir des mécanismes de solidarité pour ceux qui sont dans la difficulté, il ne s'agit pas de revenir en arrière, il s'agit de s'interroger sur 'est-ce que cette solidarité elle peut s'accompagner de contreparties, d'activités, d'activités d'intérêt général ?'", a déclaré Édouard Philippe.

"Qu'est-ce qu'on demande à ceux qui bénéficient de la solidarité, est-ce qu'on demande quelque chose, et si oui, quoi ? A mon sens c'est une vraie belle question politique, c'est pas de la mécanique, c'est pas de la tuyauterie", a-t-il estimé.

Édouard Philippe a rappelé l'initiative polémique du conseil départemental du Haut-Rhin, qui demandait aux allocataires du RSA de faire sept heures de bénévolat par semaine au risque de se voir privés de l'allocation.

Quant aux difficultés de recrutement malgré un taux de chômage officiel qui reste proche des 9%, Édouard Philippe a évoqué un "énorme problème" qui est "très inquiétant pour la suite". 

"C'est un vrai scandale français d'une certaine façon, une spécificité dont on se passerait bien et il faut qu'on la règle", a-t-il plaidé, alors que syndicats et patronats ont jusqu'à la fin février pour parvenir à un accord sur une réforme de l'assurance-chômage.

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