La question du jour :

Faut-il rétablir la taxe carbone ?




Faut-il rétablir la taxe carbone ?
La hausse de la taxe carbone, prévue dès 2014, avait été suspendue puis annulée pour 2019 (illustration).

Orange avec AFP-Services, publié le jeudi 14 février 2019 à 07h00

À peine relancé, le débat sur la taxe carbone a été immédiatement recadré mercredi par Emmanuel Macron, pour qui une "hausse de la fiscalité" n'est pas la réponse à la "colère" exprimée par le mouvement des "gilets jaunes". 

Accusée d'avoir mis le feu aux poudres, la taxe carbone semblait avoir été sacrifiée sur l'autel des "gilets jaunes". Deux mois plus tard, la fiscalité écologique est de retour à l'occasion du grand débat, évoquée par des ministres et des députés qui ne veulent pas renoncer à cet "outil efficace".

Brune Poirson, secrétaire d'État à la Transition écologique, a allumé la mèche dimanche en défendant un "outil en faveur de la transition écologique, qui a un vrai impact parce qu'il envoie un signal prix qui permet aux gens de changer leur comportement". Le lendemain, elle recevait le soutien d'Emmanuelle Wargon, l'une des deux animatrices du grand débat, et du patron de La République en marche (LREM), Stanislas Guerini.

La hausse de la taxe carbone, prévue dès 2014, avait été suspendue puis annulée pour 2019. Mais le gouvernement est resté flou pour 2020 et au-delà, renvoyant au grand débat. "Aujourd'hui je ne vois pas d'hypothèse dans laquelle on peut facilement repartir avec une augmentation de cette taxe, ça, c'est clair. Mais il faut se poser la question du système fiscal qu'on veut", avait prudemment expliqué Édouard Philippe fin janvier sur France Inter.

À l'initiative du député Matthieu Orphelin (ex-LREM), proche de Nicolas Hulot, une tribune signée par 86 députés plaide dans Le Figaro mercredi pour "une fiscalité carbone juste socialement". Les représentants de cinq groupes politiques ont signé cette tribune, mais pas les députés Les Républicains, La France insoumise ou du Rassemblement national. Mais "ce n'est pas le retour de la taxe carbone telle qu'elle a été envisagée et qui a été la goutte d'eau ou l'étincelle qui a lancé cette mobilisation des 'gilets jaunes'", a souligné sur Franceinfo M. Orphelin, désormais député non-inscrit, qui ne veut pas "refaire l'erreur" de 2018.

Pas de hausse de la fiscalité, prévient Macron

M. Macron a immédiatement recadré le débat. "Le président a souligné que nous étions entrés dans ce moment, le 17 novembre dernier, suite à une hausse de la fiscalité et ce n'est sans doute pas par une hausse de la fiscalité qu'on répondra à la colère qui s'est exprimée", a déclaré le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux à la sortie du conseil des ministres, mercredi.



"Le président de la République l'a rappelé : sa conviction c'est que nous ne sortirons pas d'une crise qui a commencé par un impôt supplémentaire, en en créant un nouveau", a insisté M. Griveaux, selon lequel la question posée par le grand débat est davantage celle de "l'accompagnement" des Français dans la transition écologique que la hausse des taxes.
 

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