La question du jour :

Faut-il adapter la limitation à 80 km/h au cas par cas ?




Faut-il adapter la limitation à 80 km/h au cas par cas ?
Un panneau de limitation de vitesse à 80 km/h, sur une route près d'Englos le 1er juillet 2018

, publié le mardi 29 janvier 2019 à 07h00

Le gouvernement pourrait procéder à des aménagements qui entraîneraient le retour à la limitation de vitesse à 90 km/h sur certaines routes secondaires.

L'exécutif va-t-il faire marche arrière ? Dans le cadre du grand débat national, Emmanuel Macron a émis la possibilité d'adapter au cas par cas la réforme de la limitation de vitesse à 80 km/h sur les routes secondaires. En vigueur depuis le 1er juillet 2018, cette mesure est vivement critiquée par de nombreux automobilistes et "gilets jaunes". "Est-ce qu'on peut faire quelque chose qui soit mieux accepté et plus intelligent ? Sans doute, oui", avait déclaré le chef de l'État le 15 janvier dernier dans l'Eure.

Le Premier ministre Édouard Philippe, qui a porté cette réforme, juge "légitime de discuter du sujet". Mais alors que la mortalité routière affiche un recul "historique", le chef du gouvernement estime qu'il "serait fou d'abaisser le niveau d'ambition" et "inouï de prendre des décisions qui auraient pour impact d'augmenter le nombre d'accidents et de morts sur les routes".


L'année 2018 a été la moins meurtrière de l'histoire sur les routes de métropole, avec 3.259 personnes qui ont trouvé la mort. C'est neuf de moins que le précédent "record" de 2013. Depuis cette année-là, la France restait sur trois hausses consécutives, ce qui n'avait jamais été vu depuis 1972, et une quasi-stagnation en 2017. La situation avait convaincu le gouvernement d'abaisser de 90 à 80 km/h la vitesse maximale autorisée au 1er juillet sur 400.000 km de routes secondaires à double sens sans séparateur central.

Profitant de la porte ouverte par le gouvernement, les départements se disent "prêts à prendre leurs responsabilités" pour ajuster au cas par cas la limitation de vitesse. Dominique Bussereau, président de l'Assemblée des départements de France et ancien ministre des Transports (ex-LR), estime que la réforme "n'a pas été comprise" et nécessitait une "concertation préalable".

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