La question du jour :

Faut-il interdire les lanceurs de balles de défense ?




Faut-il interdire les lanceurs de balles de défense ?
Le lanceur de balles de défense (LBD) utilisé par les forces de l'ordre est une arme dont l'usage est légalement encadré.

, publié le samedi 19 janvier 2019 à 07h00

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a défendu vendredi 18 janvier l'utilisation par les forces de l'ordre du lanceurs de balles de défense controversé LBD, estimant qu'il y aurait sans lui "beaucoup plus de blessés".

La Ligue des droits de l'Homme a demandé vendredi 18 janvier dans un communiqué, "l'interdiction sans délai" des lanceurs de balles de défense (LBD), des "armes" qu'elle juge "inadaptées". A la veille d'une nouvelle journée de mobilisation des "gilets jaunes", le collectif a également appelé le gouvernement "à garantir un droit de manifester en toute sécurité". 

Il y a trois ans, le LBD a remplacé le "Flash-Ball" au sein de la police nationale, qui en possède aujourd'hui 4.000.

Controversé à cause des blessures graves qu'il peut causer, le lanceur de balles de défense est une arme dont l'usage est légalement encadré et pour lequel chaque utilisateur doit être formé et habilité. Les munitions de ces armes sont des balles de caoutchouc de 40 mm de diamètre (légèrement plus petites que celles des anciens "Flash-Ball"). Les LBD dont sont dotés les CRS ont une portée de 10 à 50 mètres alors que ceux utilisés par les commissariats de 3 à 30 mètres.


Pas de distance minimale pour tirer

"Le LBD peut être utilisé dans différents types de cas : si des personnes portent atteinte à l'intégrité physique d'autres et lors de la dispersion d'un attroupement lorsque des voies de faits sont commises", rappelle un responsable de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN). Il n'y a pas de distance minimale pour tirer, tout dépend de "l'estimation de la menace".

Jeudi dernier, le défenseur des droits Jacques Toubon avait également demandé la suspension du recours au lanceur de balles de défense, en raison de sa "dangerosité". Mais le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner avait défendu son utilisation par les forces de l'ordre, estimant qu'il y aurait sans lui "beaucoup plus de blessés".

"Nous avons besoin de pouvoir utiliser des outils comme le LBD"

"Si vous supprimez les moyens de défense à nos forces de l'ordre, il leur reste quoi ? Il leur reste le contact physique - et il y aura certainement beaucoup plus blessés - ou il leur reste l'utilisation de leurs armes de poing qui est la solution ultime", a déclaré le ministre sur Europe 1.


"Nous avons besoin de pouvoir utiliser des lacrymogènes, des outils comme le LBD" pour "continuer à protéger l'ordre public" face à une "grande violence" et à "des attaques systématiques contre nos institutions" et "nos forces de l'ordre", a-t-il ajouté.

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