La question du jour :

Selon vous, le vin est-il un alcool "comme les autres" ?




Selon vous, le vin est-il un alcool "comme les autres" ?
"Je ne crois pas que le vin soit un alcool comme les autres", a déclaré le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume le 16 janvier (illustration).
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publié le jeudi 17 janvier 2019 à 07h00

Le ministre de l'Agriculture a provoqué un tollé mercredi 16 janvier, en affirmant que le vin n'était pas "un alcool comme les autres".

Le vin est-il un alcool "comme les autres" ? Alors que la ministre de la Santé Agnès Buzyn estimait l'an dernier que c'était le cas et qu'Emmanuel Macron affirmait en boire midi et soir, Didier Guillaume a donné son avis sur la question mercredi 16 janvier. 

"Je ne crois pas que le vin soit un alcool comme les autres", a déclaré le ministre de l'Agriculture sur le plateau de BFMTV. "L'addiction à l'alcool est dramatique, et notamment dans la jeunesse, avec le 'binge drinking', etc.

C'est dramatique, mais je n'ai jamais vu, à ma connaissance, malheureusement peut-être, un jeune qui sort de boîte de nuit et qui est saoul, parce qu'il a bu du côtes-du-rhône", a ajouté le ministre, estimant que les jeunes buvaient plutôt "des mélanges" ou "de l'alcool fort".




Tollé chez les médecins

Ces déclarations ont d'autant plus mis le feu aux poudres qu'elles interviennent une semaine après la présentation d'un plan gouvernemental contre les addictions déjà très critiqué par les spécialistes à propos de son volet alcool.

"Quel aveuglement ! M. Guillaume, tous les médecins vous invitent à faire un tour aux urgences un soir de feria ou de beaujolais nouveau. Pour être plus précis, il y a tous les jours des comas éthyliques au vin", a réagi sur Twitter le professeur Michel Reynaud, addictologue et président du fonds actions addictions.


Ce discours du ministre "place surtout la France dans une position intenable et lamentable quant à l'influence du lobby sur nos politiques", a estimé pour sa part le professeur Amine Benyamina, psychiatre spécialiste des addictions, également sur Twitter.


"Contrairement à ce que prétend le ministre de l'Agriculture, les études démontrent que les jeunes se saoulent avec du vin (18%) ou du champagne (25%) selon l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT). Le vin est aussi un alcool comme les autres pour se saouler", a déclaré de son côté Bernard Basset, vice-président de l'Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (ANPAA), lui aussi sur Twitter.


"Il faut éduquer à boire un verre de vin, pour savoir ce que c'est"

"Il faut lutter contre toutes les addictions, mais il faut éduquer les Françaises et les Français et la jeunesse au bon, au beau", a ajouté le ministre, avant d'enfoncer le clou : "Il faut éduquer à boire un verre de vin, pour savoir ce que c'est".

Des déclarations qui tranchent avec une des études sur lesquelles s'appuie le plan gouvernemental, selon laquelle "faire goûter de l'alcool à un enfant pourrait avoir pour effet d'augmenter la consommation de boissons alcoolisées à la fin de l'adolescence".

Des acteurs de la lutte contre l'alcoolisme ont dénoncé ces derniers mois la présence d'Audrey Bourolleau au poste de conseillère Agriculture de l'Élysée. Elle était déléguée générale du lobby du vin avant de rejoindre Emmanuel Macron. "Il y a au gouvernement et surtout à l'Élysée des gens qui ont décidé de soutenir la viticulture", avait réagi Michel Reynaud lors de la présentation du plan contre les addictions, déplorant l'absence de "mesures structurellement efficaces" et notamment pour agir sur le prix de l'alcool. 

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