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80 km/h: faut-il en parler dans le "grand débat" ?




80 km/h: faut-il en parler dans le "grand débat" ?
Des panneaux de limitation de vitesse à Wittenheim, le 29 juin 2018.

Orange avec AFP-Services, publié le samedi 12 janvier 2019 à 07h00

Pour l'heure, l'exécutif refuse de revenir sur les 80 km/h. Mais il pourrait permettre aux préfets de gérer au cas pas cas.

Plusieurs élus, y compris de la majorité, demandent à ce que la question de la limitation de vitesse à 80 km/h sur certaines routes, en vigueur depuis le 1er juillet 2018, fasse partie des thèmes abordés dans le "grand débat national", a rapporté le Parisien vendredi 11 janvier.



Pour Pierre Chasseray, de l'association  40 millions d'automobilistes, "c'est le vrai détonateur de la crise des gilets jaunesLa hausse des prix du carburant a constitué l'étincelle mais uniquement parce que la situation était hautement inflammable depuis les 80 km/h", explique-t-il. Selon lui, cette mesure ne fait "que mettre dans l'illégalité des automobilistes qui ne sont pas des fous furieux en roulant à 85 ou 90 km/h" : "le 80 km/h n'est pas efficace, ça ne contribue qu'à noircir l'esprit des automobilistes et faire jaunir les gilets". De nombreux élus ruraux, y compris issus des rangs de la majorité réclament l'abandon de cette mesure. Ainsi, Christophe Jerretie, député La République en marche (LREM) de Corrèze, juge, dans Le Parisien, que "ça continue de râler en région" et que "beaucoup se plaignent de rester coincés derrière les camions". "Sur notre principal axe, la N88, on oscille de 50 à 90 en passant par 70 et 80, alors certains automobilistes calent leur régulateur sur 60 km/h et créent des bouchons sans fin", abonde Pierre Morel-À-L'Huissier, député UDI de Lozère.


Pionnier de la fronde contre les 80 km/h, le député Les Républicains (LR) du Cantal Vincent Descoeur, est l'auteur d'une proposition de loi destinée à permettre aux pouvoirs publics locaux d'"adapter" la réglementation sur les limitations de vitesse. Il demande que les 80 km/h fassent partie du grand débat national.

"S'il y a eu un sujet qui a été confisqué, sur lequel on n'a tenu aucun compte de l'avis de nos concitoyens ou de leur représentants, c'est bien celui des 80 km/h", explique-t-il à France 3 Auvergne-Rhône-Alpes. Le député souhaite également que l'expérimentation de cette mesure soit ramenée à un an, au lieu de deux, "pour qu'on ait un élément chiffré. Force est de constater que sur le plan des résultats de la sécurité routière, c'est beaucoup plus contrasté, plus mitigé que ce qu'on laissait à penser" estime l'élu de droite. Selon lui, "cette mesure est un véritable fiasco.
Pour l'heure, l'exécutif refuse de revenir sur les 80 km/h. "Il n'est pas question de découdre la politique mise en œuvre depuis 18 mois", martèle un proche de Matignon pour Le Parisien. Mais l'idée fait son chemin. "Pourquoi le Premier ministre et le chef de l'État ne reviendraient-ils pas sur les 80 km/h ?", interroge un député centriste dans les colonnes du quotidien. "Ce n'est pas au gouvernement de décider. Mais si la question est posée lors de cette consultation citoyenne, alors pourquoi pas ?", confie, "dans une grimace", un membre de l'exécutif au Parisien. Il semble que la piste prônée par Vincent Descoeur fasse son chemin. L'exécutif envisagerait, selon le quotidien francilien, de "permettre aux préfets de faire du cas par cas et sélectionner les sections sur lesquelles cette limitation pourrait être levée." 

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