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L'interpellation d'Éric Drouet était-elle justifiée ?




L'interpellation d'Éric Drouet était-elle justifiée ?
Éric Drouet à Paris, le 3 janvier 2019.
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, publié le vendredi 04 janvier 2019 à 07h00

Son arrestation a provoqué des remous dans la classe politique, de l'extrême droite à l'extrême gauche en passant par le centre.

Il dénonce une arrestation "politique". À la sortie de sa garde à vue, jeudi 3 janvier, le médiatique et controversé "gilet jaune" Éric Drouet, s'est insurgé contre son interpellation mercredi soir, près des Champs-Élysées pour "organisation d'une manifestation sans déclaration préalable".


"On cherche à nous mettre des responsabilités sur le dos, alors qu'il y en a pas du tout ", a déclaré le chauffeur routier de Seine-et-Marne, 33 ans qui assure qu'il devait juste rencontrer d'autres "gilets jaunes" pour un "rendez-vous au restaurant".

Il a été convoqué devant le tribunal correctionnel pour le 15 février pour les faits de mercredi et pour ceux du 22 décembre, qui lui avaient déjà valu une garde à vue, où il sera jugé pour "organisation d'une manifestation sans déclaration préalable". Il sera par ailleurs jugé le 5 juin pour "port d'arme prohibé" lors de la manifestation du 22 décembre.

L'affaire a provoqué des remous dans la classe politique, de l'extrême droite à l'extrême gauche en passant par le centre. Soutien affiché du mouvement, la responsable du Rassemblement national Marine Le Pen a dénoncé une répression de l'exécutif : "Les vœux de hargne du 31 décembre et la violation systématique des droits politiques de ses opposants dessinent un visage terriblement inquiétant d'Emmanuel Macron".


"Abus de pouvoir. Une Police politique cible et harcèle désormais les animateurs du mouvement gilet jaune", avait tweeté Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise), juste après l'arrestation de celui pour lequel il avoue sa "fascination". Taxant le gouvernement d'"amateurisme", le président des Centristes Hervé Morin a appelé à "sortir de l'arrogance et du mépris" vis-à-vis des "gilets jaunes", mobilisés depuis un mois et demi pour réclamer notamment plus de pouvoir d'achat.

Le gouvernement et la majorité ont justifié cette interpellation. "Quand quelqu'un organise une manifestation alors qu'elle n'est pas déclarée, c'est qu'il ne respecte pas l'État de droit", a estimé le ministre de l'Économie Bruno Le Maire.

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