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Inaction climatique : la France doit-elle être jugée ?




Inaction climatique : la France doit-elle être jugée ?
Le site qui héberge la pétition pour le climat (illustration).

, publié le samedi 29 décembre 2018 à 07h00

François de Rugy estime que "ce n'est pas à des juges de forcer le gouvernement à prendre une loi".

Vendredi matin, la pétition en ligne lancée par Greenpeace, Oxfam, la Fondation pour la nature et l'Homme (FNH) et l'association Notre affaire à tous, disponible sur le site dédié laffairedusiècle.net, revendiquait 1,82 million de soutiens en dix jours.

Du jamais vu pour une pétition en ligne. Celle contre la loi travail, en 2016, avait réuni 1,37 million de signataires sur le site change.org et celle "pour une baisse du prix des carburants à la pompe", lancée par l'une des figures des "gilets jaunes", en compte 1,17 million depuis son lancement en mai.

Ce succès s'explique car "ce n'est pas une simple pétition, mais un soutien à un recours juridique", selon Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace.

"Moins la possibilité de faire la sourde oreille"

Les quatre ONG veulent attaquer l'État devant les tribunaux, estimant que son action est insuffisante pour lutter contre le changement climatique.

Elles ont adressé le 17 décembre une requête préalable au gouvernement, qui a deux mois pour leur répondre. Les ONG prévoient dans un second temps, entre la mi-février et la mi-mars, d'introduire un recours devant le tribunal administratif de Paris, une première en France.

Fortes de ce soutien, les ONG espèrent que le gouvernement aura "moins la possibilité de faire la sourde oreille".

Deux jours après la mise en ligne de la pétition, le ministre de la Transition écologique François de Rugy avait assuré être "très heureux que les citoyens se mobilisent en nombre pour le climat".

Mercredi, il a toutefois estimé dans le Parisien que "ce n'(était) pas à des juges de forcer le gouvernement à prendre une loi".

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