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Soutenez-vous les policiers en colère ?




Soutenez-vous les policiers en colère ?
Un policier face à des "gilets jaunes", le 15 décembre à Bordeaux.

, publié le mercredi 19 décembre 2018 à 07h00

L'exécutif fait face à une nouvelle fronde : celle des policiers, qui réclament un "retour sur investissement" après leur intense activité opérationnelle liée notamment aux manifestations des "gilets jaunes" et des lycéens.

Après les "gilets jaunes", les lycéens, les ambulanciers et les avocats, au tour des policiers. Éreintés par leur forte activité de ces dernières semaines et en colère à cause de leurs conditions de travail et de rémunération, les forces de l'ordre se mobilisent pour se faire entendre par le gouvernement.

Le syndicat majoritaire Alliance, rejoint par Unité-SGP-FO, a lancé un appel au service minimum dans tous les commissariats pour la journée de mercredi 19 décembre. Les agents sont ainsi appelés à ne se rendre disponible qu'en cas d'appel d'urgence.

Pour calmer cette colère, le gouvernement a d'ores et déjà proposé une prime de 300 euros aux forces de l'ordre mobilisées face aux "gilets jaunes", selon un amendement déposé mardi 18 décembre dans le cadre de l'examen du projet de loi de finances 2019. Elle devrait bénéficier à 111.000 policiers et gendarmes pour un coût total d'environ 33 millions d'euros. Le principe de cette prime avait été annoncé par le chef de l'Etat dès le 3 décembre.

Aussi, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a reçu mardi soir les trois organisations syndicales représentatives des gardiens de la paix. Après trois heures de discussions, celles-ci ont été suspendues. "Il n'y a pas de rupture. Il y a poursuite des discussions avec interruption car le ministre doit demander des arbitrages", a déclaré Jean-Claude Delage, secrétaire général du syndicat Alliance.



275 millions d'euros d'heures supplémentaires non payées

Parmi les revendications des policiers, figure l'épineuse question du paiement des heures supplémentaires dues aux policiers. "L'État doit actuellement presque 275 millions d'euros à ses policiers au titre des heures supplémentaires, non pas de ces derniers mois ou de cette dernière année, mais depuis des dizaines d'années. C'est un chantier que je veux ouvrir", a affirmé Christophe Castaner.

Mais pour Beauvau, le chemin budgétaire est étroit car le gouvernement a accordé de lourdes concessions pour répondre aux revendications des "gilets jaunes" au risque de faire déraper les finances publiques. Le ministre s'est donc gardé de fixer un calendrier : "Je ne peux pas dire d'un claquement de doigts que je vais trouver 275 millions d'euros (...). Ça nous prendra un peu de temps, on ne trouve pas comme ça en quelques semaines un tel montant".

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