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Faut-il rétablir l'ISF ?




Faut-il rétablir l'ISF ?
Un "gilet jaune" à Paris, le 1er décembre 2018.

Orange avec AFP, publié le jeudi 06 décembre 2018 à 07h00

"Nous ne détricoterons rien de ce qui a été fait depuis 18 mois". Emmanuel Macron semble avoir fermé la porte à un retour de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF).

C'est une des revendications des "gilets jaunes" : rétablir l'ISF, réformé par Emmanuel Macron au 1er janvier 2018.

Mais mercredi 5 décembre, le président semble avoir fermé la porte à tout retour en arrière. Au cours du Conseil des ministres, Emmanuel Macron s'est opposé à tout rétablissement de l'ISF, transformé début 2018 en impôt sur la fortune immobilière (IFI), a rapporté l'Elysée à l'AFP, confirmant une information des Echos.


"Nous ne détricoterons rien de ce qui a été fait depuis 18 mois", a déclaré le chef de l'État selon cette source. "Ce sujet-là n'est pas sur la table", a aussi assuré le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux, demandant "18 à 24 mois pour que la mesure fasse son plein effet".

"Si quelque chose ne marche pas, on n'est pas idiot, on va le changer", a-t-il toutefois estimé sur RTL, rappelant que la mesure fiscale phare du premier budget Macron devait être évaluée par le Parlement, vraisemblablement à partir de l'automne 2019.

"Nous allons évaluer la transformation de l'ISF en IFI", a affirmé de son côté Marlène Schiappa, secrétaire d'État à l'Égalité entre les femmes et les hommes, prenant position via un communiqué sur un sujet a priori éloigné de son champ d'action. "Si l'évaluation montre que des capitaux ne sont pas suffisamment injectés dans l'économie française, je proposerai de rétablir l'ISF", a insisté la secrétaire d'État, disant "défendre une position personnelle".

De quoi semer le doute sur les intentions de l'exécutif, qui s'était montré jusqu'à présent inflexible sur le bien-fondé de sa réforme, malgré les critiques de l'opposition de gauche qui y voit le "péché originel" du quinquennat Macron. Lors d'un débat à l'Assemblée nationale, le Premier ministre a lui-même dit ne rien exclure, tout en s'en remettant à l'analyse du comité d'évaluation. "Nous ne craignons pas ce débat. Il est nécessaire, il aura lieu", a promis Edouard Philippe.

"On l'a dit depuis le premier jour de la campagne: on n'a pas besoin d'appauvrir les riches pour sortir de la pauvreté les moins riches", a toutefois assuré à l'AFP l'entourage d'Emmanuel Macron à l'Elysée. "L'ISF, ça tue la prospérité parce que ça fait fuir les entrepreneurs. On peut avoir tous les jugements moraux mais un pays moderne a besoin aussi de prospérité", a-t-on ajouté.

MANQUE À GAGNER DE 3 MILLIARDS D'EUROS

Promesse de campagne d'Emmanuel Macron, la réforme de l'ISF, entrée en vigueur au 1er janvier 2018, a entraîné un recentrage sur les seuls biens immobiliers de l'impôt sur la fortune, appliqué aux foyers dont le patrimoine dépasse 1,3 million d'euros.

Cette mesure, censée stimuler l'activité en encourageant les contribuables les plus aisés à investir dans les entreprises françaises, devrait entraîner selon Bercy un manque à gagner de près de 3 milliards d'euros pour les finances publiques. Une ardoise jugée colossale par la gauche.

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