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Carburants : les annonces d'Édouard Philippe sont-elles suffisantes ?




Carburants : les annonces d'Édouard Philippe sont-elles suffisantes ?
Édouard Philippe le 14 novembre 2018 à l'Élysée.

Orange avec AFP, publié le jeudi 15 novembre 2018 à 07h00

Édouard Philippe a annoncé une série de mesures pour compenser la hausse des taxes sur les carburants, qui sera bien appliquée, a confirmé le Premier ministre mercredi matin sur RTL.

Mercredi 14 novembre sur RTL, Édouard Philippe a tenté d'apaiser la colère à quelques jours de la journée de mobilisation des "gilets jaunes", organisée samedi 17 novembre. Face à la grogne sur la hausse des prix des carburants, le Premier ministre a dévoilé un plan de 500 millions d'euros.

Les taxes prévues, elles, seront bien appliquées en janvier 2019. "On ne va pas annuler la taxe carbone, nous n'allons pas changer de pied, nous n'allons pas renoncer à être à la hauteur de cet enjeu qui est considérable", a-t-il insisté.



Le chèque énergie, versé aux ménages modestes pour les aider à payer leurs factures d'énergie (gaz, électricité, etc.), sera ainsi élargi pour toucher 5,6 millions de foyers, a annoncé Edouard Philippe. "On va passer de 3,6 millions à 5,6 millions" de foyers, a-t-il déclaré. Le gouvernement a également décidé de créer une "super prime" à la conversion pour les véhicules pour 20% des ménages les plus modestes, qui atteindra jusqu'à 4.000 euros doublant ainsi la prime existante. Les personnes non imposables salariées qui parcourent au moins 60 km aller-retour pour se rendre à leur travail ou qui sont travailleurs indépendants seront également éligibles.

Par ailleurs, le gouvernement veut désormais financer un million de primes à la conversion d'ici la fin du quinquennat, contre 500.000 visées jusqu'ici, alors que 280.000 primes ont déjà été attribuées. Le Premier ministre veut aussi faire bénéficier les "grands rouleurs" du dispositif d'indemnités kilométriques et "l'élargir pour les petites cylindrées". Le gouvernement défiscalisera les aides à l'achat de carburant versées par les collectivités territoriales, à l'image des Hauts-de-France, et celles au covoiturage.

Enfin, le gouvernement s'est fixé l'ambition de supprimer d'ici 10 ans les chaudières individuelles au fioul, qu'utilisent encore un grand nombre de ménages pour se chauffer. Pour cela, le Premier ministre a indiqué que le gouvernement souhaite "développer" une prime pour permettre à ces ménages de changer d'équipement.

Des mesures critiquées par les associations et l'opposition

"Le gouvernement joue les gros bras sur la taxe, mais il est petit bras sur l'accompagnement des Français", a jugé Alain Bazot, président de l'UFC-Que Choisir, auprès de l'AFP. La CLCV a, elle, salué dans un communiqué des "moyens budgétaires supplémentaires pour soutenir les ménages", même s'ils illustrent la "peine" du gouvernement "à trouver des mesures pour compenser la perte de pouvoir d'achat des ménages".



L'exécutif "n'a pas entendu les Français" et doit renoncer aux augmentations de taxes sur le carburant, qui représentent "une folie" et une "lourde erreur", a de son côté fustigé le président des Républicains Laurent Wauquiez après les annonces d'Édouard Philippe. "C'est quoi l'information de la matinée ? Qu'il n'annule pas les hausses de taxes. (...) Que le président de la République ne corrige pas son erreur. Et l'info de la matinée pour moi, c'est donc qu'il n'a pas entendu les Français", a réagi Laurent Wauquiez sur RMC et BFMTV.

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