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Violences à l'école : soutenez-vous le recours aux forces de l'ordre ?




Violences à l'école : soutenez-vous le recours aux forces de l'ordre ?
Christophe Castaner le 21 octobre 2018 à Champigny-sur-Marne

publié le samedi 27 octobre 2018 à 07h00

Pour lutter contre la violence à l'école, le gouvernement a promis vendredi 26 octobre un arsenal de mesures sécuritaires, n'excluant pas de faire entrer les forces de l'ordre au sein des établissements scolaires lors de "moments de tension".

Les ministres de l'Éducation, Jean-Michel Blanquer, de l'Intérieur, Christophe Castaner, et de la Justice, Nicole Belloubet, ont réuni vendredi 26 octobre un "comité stratégique" afin de mettre en œuvre un plan d'actions, demandé par Emmanuel Macron. À l'issue de la réunion vendredi, Christophe Castaner a déclaré devant la presse qu'il "n'exclu(ai)t pas la présence physique des forces de l'ordre" dans les établissements.

Cette présence pourrait être décidée "à des moments de tension particulière dans la journée" et "évidemment avec l'accord du chef d'établissement", a précisé le ministre de l'Intérieur, prônant "une approche quartier par quartier".

Le chef de l'Etat avait exigé des "mesures" après la publication d'une vidéo, au cours du week-end dernier, d'un élève menaçant son enseignante avec un pistolet factice dans un lycée de Créteil (Val-de-Marne), un incident qui a suscité l'indignation tout au long de la semaine.



Il faut que "l'école soit un endroit sanctuarisé, protégé, que nos enseignants soient protégés et que nos élèves soient aussi protégés de ces violences inacceptables", a-t-il insisté. Parmi les autres mesures, qui seront présentées et détaillées en conseil des ministres mardi, Christophe Castaner a dit souhaiter la présence de "permanences de policiers ou de gendarmes dans les établissements", afin de créer des lieux d'échanges "dans les quartiers les plus difficiles".

Les syndicats opposés à la mesure

"Avec ces mesures, on répond aux situations de violence qui sont les plus marquantes, mais qui ne correspondent pas à celles que vivent au quotidien les professeurs", a réagi Stéphane Crochet, secrétaire général du SE-Unsa. "Les profs ont surtout besoin d'un arsenal pour améliorer le climat scolaire, et d'espaces de dialogue pour faire part de leurs difficultés chroniques", a-t-il estimé.



"L'école n'est pas une maison de redressement, mais un lieu d'apprentissage", a aussi réagi la FCPE. "Ce n'est pas en plaçant un policier derrière chaque enseignant que l'on réglera un problème grandissant", a estimé la fédération de parents d'élèves.



"Nous sommes assez dubitatifs sur un énième plan et des effets d'annonces", a pour sa part indiqué à l'AFP Philippe Vincent, secrétaire général du SNPDEN (premier syndicat des chefs d'établissement). "Ce qui est sûr, c'est qu'il faudra faire du sur-mesure en fonction des établissements, la grande majorité d'entre eux étant surtout confrontés à des problèmes de vie scolaire".



Les syndicats de la CFDT concernés - Interco (Justice), SGEN et FEP (éducation nationale et formation enseignement privé), Alternative Police et SCSI (police) - ont eux appelé "à ne surtout pas sur-réagir", en soulignant au passage que "la proposition gouvernementale d'une présence policière dans les enceintes scolaires" était "irréalisable à la lecture des effectifs en présence".

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