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Écologie : la hausse du diesel est-elle justifiée ?




Écologie : la hausse du diesel est-elle justifiée ?
Une station service à Bailleul, le 9 octobre 2018.

Orange avec AFP, publié le mercredi 24 octobre 2018 à 07h00

Les Républicains chiffrent le surplus de taxe sur le diesel, "pour une famille de deux parents, deux enfants", à "576 euros en 2022 par rapport à 2017".

L'objectif affiché du gouvernement, c'est de rendre concrète la transition énergétique et de "sortir du tout pétrole. Mais pour l'opposition, la hausse du prix du diesel, c'est surtout un "enfer fiscal", une "arnaque" destinée à "compenser" les "cadeaux fiscaux" du gouvernement.

"Nous avons indiqué très tôt que si nous voulions mettre en place la transition que beaucoup de Français attendent, s'agissant de la prise en compte de l'économie 'décarbonée', il fallait envoyer un signal prix, donner une trajectoire carbone visible, prévisible et irréversible", a déclaré le Premier ministre lors des questions au gouvernement à l'Assemblée, mercredi 23 octobre.

"Nous devons accompagner ceux qui sont les plus fragiles et qui subissent évidemment les prix et le coût. C'est ce que cette majorité fait quand elle développe la prime à la conversion, lorsqu'elle augmente le chèque énergie, lorsqu'elle mettra en place les instruments qui permettront le développement des transports collectifs, y compris dans les intercommunalités où il n'y a pas d'autorités organisatrices de transport", a poursuivi M. Philippe.


Il était interpellé par la présidente du groupe socialiste Valérie Rabault, qui a lancé: "Vous faites les poches des Français qui sont contraints de prendre leur véhicule, soit parce qu'ils habitent à la campagne, soit parce qu'ils n'ont pas accès aux transports en commun". Elle a chiffré le surplus de taxe sur le diesel, "pour une famille de deux parents, deux enfants", à "576 euros en 2022 par rapport à 2017". Le premier secrétaire du PS Olivier Faure avait auparavant dénoncé "une arnaque".

"La réalité, c'est que sur cinq ans, le gouvernement a prévu de prélever 55 milliards d'euros via cette fiscalité écologique et figurez-vous que ce sont seulement 10 petits milliards sur ces 55 milliards qui vont finalement financer la transition énergétique", a-t-il dénoncé. 

Mardi matin, le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux avait défendu d'une formule la position de l'exécutif: "quand on a aimé Nicolas Hulot, on assume d'avoir une fiscalité comportementale". Il a rappelé que la hausse du prix du diesel faisait partie du programme du candidat Macron. Le ministre de la Transition écologique François de Rugy a lui aussi expliqué que le gouvernement voulait "sortir du tout pétrole", soulignant que "la hausse des prix des carburants est aux trois quart due à la hausse des prix du pétrole sur le marché mondial".

"C'est tout simplement l'enfer fiscal", a de son côté estimé Daniel Quero, président de l'association "40 millions d'automobilistes". "Chaque matin quand on se lève on se demande quelle nouvelle taxe on va avoir, nous automobilistes. Ça devient tout à fait insupportable". Le diesel, "on a incité les gens à en acheter. Il y a 60% et quelque du parc qui est diesel et 80% du carburant vendu qui est encore du gasoil. C'est une manne pour l'État", a-t-il ajouté.

Lundi, Ségolène Royal, ministre de l'Environnement sous le quinquennat de François Hollande, avait dénoncé la fiscalité sur le carburant, estimant que le gouvernement cherchait à "justifier un matraquage fiscal par l'écologie", ce qui "n'est pas honnête". "Il faut absolument arrêter cette hausse", a dit Mme Royal, jugeant qu'il n'y avait "pas une semaine où il n'y a pas un recul sur l'écologie. On comprend mieux la démission de Nicolas Hulot".

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