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Jean-Luc Mélenchon est-il allé trop loin ?




Jean-Luc Mélenchon est-il allé trop loin ?
Jean-Luc Mélenchon à Paris, le 17 octobre 2018.

Orange avec AFP, publié le jeudi 18 octobre 2018 à 07h00

Une enquête pour "menaces" et "violences" sur des policiers et des magistrats a été ouverte par le parquet de Paris, après la perquisitions mouvementée chez LFI.

Si l'exécutif s'est dit "choqués" par l'attitude de Jean-Luc Mélenchon et des cadres de la France insoumise, le leader de la France insoumise, lui, "ne regrette rien", au lendemain de la perquisition mouvementée chez LFI, dont des vidéos ont largement circulé dans les médias et les réseaux sociaux.

Une enquête pour "menaces" et "violences" sur des policiers et des magistrats a été ouverte par le parquet de Paris. Édouard Philippe s'est dit "choqué" par "la très grande violence" manifestée selon lui contre les policiers.

"Je ne crois pas que nous gagnions quoi que ce soit à remettre en cause l'indépendance de la justice", a insisté le Premier ministre à l'Assemblée nationale. Son ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a condamné "fermement" les violences commises contre les forces de l'ordre "dans le cadre de leurs missions", selon un communiqué. "Les images que nous avons vues (...) me semblent choquantes et inacceptables", selon la ministre de la Justice Nicole Belloubet.


Jean-Luc Mélenchon, qui la veille avait fustigé une "énorme opération de police politique", a assuré mercredi sur BFMTV ne rien regretter de sa vive réaction. Dénonçant de nouveau une "volonté d'intimidation", il a annoncé que son parti allait porter plainte pour violences policières. Selon LFI, quatre personnes et le parti lui-même porteront plainte pour des violences policières "sur le lieu de la perquisition". Le mouvement avait indiqué mardi que quatre personnes avaient fait "constater des blessures" par des certificats médicaux.

En annonçant l'ouverture de son enquête, le parquet de Paris a toutefois demandé à être dessaisi de la procédure au profit d'un parquet voisin et "dans un souci d'impartialité", des magistrats du parquet de Paris ayant été pris à partie lors des perquisitions.

Visé par deux enquêtes préliminaires sur des emplois présumés fictifs d'assistants au Parlement européen et sur ses comptes de campagne de la présidentielle 2017, Jean-Luc Mélenchon a vu arriver mardi tôt le matin magistrats et forces de police à son domicile. Les logements d'anciens assistants d'eurodéputés et le siège du Parti de gauche ont aussi été perquisitionnés.

Dans une des vidéos qui ont circulé, M. Mélenchon appelle ses proches à "enfoncer la porte" pour entrer au siège parisien de LFI où une perquisition est en cours. On le voit également bousculer un représentant du parquet ainsi qu'un policier qui s'interpose. Une attitude "inacceptable", ont dénoncé mercredi les syndicats de police Alliance et Alternative Police-CFDT, en appelant Christophe Castaner à porter plainte, tandis que SGP Police-FO a réclamé "des excuses publiques" au chef de file de LFI.

M. Mélenchon a reconnu mercredi que le ton était "monté", tout en accusant: "Je respecte la justice mais je suis obligé de le dire, nous ne sommes pas dans une procédure normale". Selon la législation, une perquisition dans le cadre d'une enquête préliminaire n'est possible qu'avec l'accord de l'occupant du domicile et la présence du représentant légal dans le cas d'une personne morale. Ou, s'il n'est pas d'accord ou absent, de deux témoins majeurs qui ne font pas partie des forces de l'ordre mais qui sont désignés par l'officier de police judiciaire.

Selon une source proche du dossier, Manuel Bompard, coordinateur des campagnes de LFI, a été contacté au début de la perquisition au siège du parti et a assisté à cette opération -autorisée par un juge des libertés et de la détention (JLD)- avant qu'elle ne dégénère. Mardi, M. Bompard avait affirmé avoir été "empêché d'assister à la procédure administrative" et qu'"aucun PV" n'avait été soumis à sa signature.

"Il n'a jamais été question pour nous d'empêcher une quelconque perquisition. Nous voulions au contraire y être présent pour collaborer car nous savons notre probité", a de son côté déclaré à l'AFP le député LFI du Nord Adrien Quatennens. M. Mélenchon a par ailleurs critiqué le traitement médiatique de l'enquête visant LFI, accusant des journalistes de mettre "de l'huile sur le feu en essayant de faire monter le ton" entre les protagonistes de l'affaire.

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