La question du jour :

Taxe d'habitation : comprenez-vous les maires qui l'augmentent ?




Taxe d'habitation : comprenez-vous les maires qui l'augmentent ?
La suppression progressive de la taxe d'habitation était une promesse phare du candidat Macron (illustration).

, publié le samedi 13 octobre 2018 à 07h00

Alors que la première baisse de la taxe d'habitation est entrée en vigueur cette année, certains maires ont décidé de l'augmenter, pénalisant ainsi les 20% de ménages qui ne sont pas concernés par la réforme.

Cette année, 80% des contribuables, soit 22 millions de foyers fiscaux français, vont bénéficier d'une réduction de 30% de cet impôt local, avant une autre baisse similaire en 2019 et la suppression totale en 2020. Les 20% des foyers exclus de cette première baisse verront également leur taxe d'habitation supprimée, mais pas avant 2021.

Certains d'entre eux ont tout de même vu leur impôt réévalué cette année... à la hausse! En effet, quelque 6.000 communes ont choisi d'augmenter les impôts locaux.

Le gouvernement, dont les mesures pour le pouvoir d'achat n'ont pas jusqu'ici eu l'effet attendu, s'est alors employé à protéger la mesure emblématique d'Emmanuel Macron en s'en prenant aux maires qui l'ont augmentée. Le ministre de l'Action et des Comptes publics Gérald Darmanin est notamment monté au front vendredi 12 octobre.

Guerre des chiffres

"Il y a quelques communes qui ont augmenté les taux de manière discutable", a attaqué M. Darmanin, s'en prenant directement au maire de Sceaux (Hauts-de-Seine), l'UDI Philippe Laurent. Le ministre et l'édile se sont livrés à une guerre des chiffres à travers les médias. "La ville de Sceaux a augmenté de 8% sa taxe d'habitation. C'est son droit le plus strict", a déclaré le ministre vendredi sur RTL. Dans Le Parisien, M. Laurent donne d'autres explications : "Cette hausse de taux (de 6,8%, selon lui), qui rapportera 1,5 million d'euros supplémentaires à la commune, ne couvre que pour la moitié la baisse des dotations de l'Etat que nous subissons", a-t-il assuré.

"En clair, le gouvernement veut faire porter la casquette aux communes lorsque la baisse annoncée n'est pas au rendez-vous", a contre-attaqué M. Laurent, également secrétaire général de l'Association des maires de France, qui avait contesté la baisse de la taxe d'habitation. "Nous avions dit à Emmanuel Macron, quand il était candidat, que cette promesse n'était pas tenable. Il a voulu la faire quand même, maintenant c'est son problème", a-t-il ajouté.

"Des méthodes de voyous

pour se dédouanner, le ministère de l'Action et des Comptes publics, a mis en ligne les taux votés par les communes, précisant que 6.200 d'entre elles les ont relevés, sur un total de 35.400. À Sassenage, commune de 10.000 habitants située en périphérie de Grenoble (Isère) qui a augmenté de 11% sa taxe d'habitation, le maire Christian Coigné a dénoncé une "méthode de voyous" sur une vidéo mise en ligne par Le Dauphiné libéré.



Le Premier ministre Édouard Philippe a riposté, en marge d'un déplacement dans le Puy-de-Dôme. "Quand on prend des décisions, il faut les assumer. Quand je prends des décisions qui sont impopulaires, je les assume. Eh bien les maires qui ont pris la décision probablement impopulaire d'augmenter les impôts l'assument également", a-t-il affirmé.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.